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BlackWater – La Crue (Michael McDowell)


Et voilà, j’ai cédé à l’effet de mode en lisant le premier tome de BlackWater, la Crue. Profitant de mon voyage en voiture vers les vacances, j’ai lu ce court tome (environ 250 pages), histoire de voir un peu de quoi tout cela parlait.
Le phénomène littéraire SFFF du printemps…
Bon, je rappelle le contexte brièvement : 6 tomes, avec des sorties échelonnées de deux semaines, entre le 7 avril 2022 et le 17 juin 2022. L’histoire d’une ville d’Alabama du début du 20e siècle qui, suite à une inondation, voit apparaitre dans sa vie une mystérieuse Elina Dammert. Et globalement, un phénomène littéraire assez rigolo : d’abord parce que ça marche, et que ça a fait rentrer le fantastique dans le quotidien de pas mal de monde sur le printemps ; d’autre part parce qu’il s’agit quand même d’une série écrite dans les années 80, et franchement je pense qu’on peut vraiment saluer le talent et le flair de l’éditeur sur ce coup.
Parce que, avant tout, je dois dire que ce qui marque, c’est l’objet : le livre est magnifique, et attire clairement le regard en librairie. Déjà, ça, c’est brillant (au sens littéral d’ailleurs), de la part de l’éditeur.
… qui démarre doucement
Sur le contenu après. Bon, je dois dire que j’ai hésité à m’y lancer, car je m’attendais un peu à lire une sorte de petite maison dans la prairie avec une dimension fantastique, en caricaturant. Ce qui n’est pas complètement mon genre à la base. Mais bon, après tout, j’ai vu dans ma jeunesse pas mal d’épisodes de la famille Hingalls, le livre est court, c’est les vacances, pourquoi pas ?
Et finalement… je n’avais pas si tort, en restant dans l’idée que je caricarurais ! Il y a quand même un peu de ça avec cette histoire de famille, avec une nuance importante : l’ambiance est globalement plus sombre et pesante. Et bien sûr, cette dimension fantastique, encore un peu discrète dans ce premier tome, mais dont on pressent il me semble qu’elle pourra prendre une place importante dans le récit.
Bref, en conclusion, je n’étais pas si loin avec mon idée de petite maison dans la prairie en fantastique. Mais c’est plus sombre. Et puis, c’est vrai que ça se lit tout seul. Alors, du coup, je vais lire le tome 2. Et on verra à ce moment où j’en suis. Si vous hésitez en tout cas, vous savez à quoi vous en tenir à mon avis : ça se tente, sans s’attendre à autre chose que quelque chose de prenant et distrayant je pense.
PS : je précise que je me trompe sans doute entièrement. On est sur le tome 1, et c’est normal que ça reste gentillet sans doute. Donc mon avis évoluera sans doute à mesure que j’avance dans les tomes ! 😉
PPS : d’autres avis plus éclairés : L’Ours Inculte,
Mon avis sur les tomes suivants : Tome 3,
Lecture précédente : Le Grand Vaisseau (Robert Reed)
Lecture suivante : Sur la Route d’Aldébaran (Adrian Tchaikovski)
Lu dans le cadre du S4FS

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Le Grand Vaisseau (Robert Reed)


Bon, c’est l’histoire d’une rencontre un peu ratée je crois.
Un space / vaisseau / planet Opéra
Circonstances atténuantes : (i) je n’ai pas pu marcher pour aller au boulot, ce qui est quand même mon moment préféré pour lire ; (ii) je suis en train d’enchainer un premier covid et je ne sais quelle surinfection qui me rend franchement pas bien vaillant, ce qui ne facilite pas la mansuétude. C’est à avoir en tête à la lecture de ce que je vais raconter ici.
Le Grand Vaisseau est un space opéra, qu’on pourrait presque qualifier de planet opéra. L’intégralité de l’intrigue se passe en effet sur un vaisseau qui sillonne l’espace. Point particulier : ce vaisseau fait la taille de Jupiter, et semble avoir plusieurs milliards d’années. Investi par des humains, qui le dirigent, et de nombreuses autres espèces, qui y font du « tourisme », il est « the place to have ». Dirigé par une maitresse, et des centaines de milliers de capitaine, il est sous la domination humaine depuis quelques centaines de milliers d’années. Mais un évènement inattendu va conduire une partie de ces capitaines – dont l’ambitieuse numéro 2, Miocène – à se retrouver prisonniers dans un endroit inconnu de ce vaisseau univers.
Bon, je n’en dirais pas plus sur le teasing, je préfère m’attarder un peu plus sur ce qu’il faut en retenir à mon avis.
Sense of Wonder, mais manque de personnages
D’une part, et avant tout, l’auteur est très très fort en sense of wonder. Les humains sont quasiment immortels, et les plans évoqués peuvent se passer sur des milliers d’années. Les dimensions sont incroyables, les enjeux aussi. Quelque part, j’y retrouve un peu de Baxter, qui est un peu ma référence en termes de sense of wonder et d’ambition.
D’autre part cependant, et ça fait à mon sens une grande différence avec Baxter, je trouve malheureusement que ça manque d’affect. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à l’intrigue. L’histoire est pleine de potentiel, mais un livre pour moi, ce sont des émotions, et elles n’ont pas su être au rendez vous cette fois. Le style est assez à plat – caractéristique de l’auteur apparemment -, ce qui est peut être une des raisons du problème. Mais je crois que ça va plus loin et malheureusement pour moi, je referme ce livre sans bien savoir quoi en retenir. Pourtant, il me semble que j’avais beaucoup aimé la Voie Terrestre, du même auteur, lu il y a quelques années ceci dit.
En conclusion, voici un livre plein de sense of wonder, et si vous souhaitez voir des humains immortels au volant d’un vaisseau spatial grand comme Jupiter, et plein de mystères, ce livre est peut être pour vous. De mon côté, j’avais besoin de plus de points d’accroches, dont, peut être par manque de forme aussi, la rencontre est ratée.
Points positifs :
- sense of wonder
- Pas mal de bonnes idées…
Points négatifs :
- … mais à mon avis insuffisamment mises en musique
- Des humains immortels, ça doit vraiment s’ennuyer comme ça ? La culture fait plus rêver je dois dire 🙂
Autres avis : Le Galion des étoiles
Lecture précédente : Les Etoiles sont Légion, de Kameron Hurley
Lecture suivante : BlackWater tome 1, la Crue, de Michael McDowell
Livre lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Les Etoiles sont Légion (Kameron Hurley)


Les étoiles sont légion, ou une rencontre ratée
Hum. Voici un livre de space opéra qui, en toute franchise, n’était pas vraiment pour moi, ou en tout cas pas en ce moment. Et qui n’est pas facile à résumer ! Et la raison en est la même dans les deux cas : c’est un livre dans lequel le principe est d’être perdu !
Le 4e de couverture semble pourtant assez clair :
Quelque part aux franges de l’univers, une armada de vaisseaux-mondes organiques, connue sous le nom de Légion, glisse lentement dans le vide sidéral. Depuis des décennies, ses différentes factions se battent pour mettre la main sur la Mokshi, le seul vaisseau capable de quitter l’armada condamnée.
La guerrière Zan se réveille sans souvenirs, prisonnière d’un peuple qui prétend être sa famille. On lui assure qu’elle est leur ultime chance de survie, l’unique personne capable de s’emparer de la Mokshi. Pour éviter un massacre, Zan va devoir choisir son camp. Mais comment choisir, quand vous commencez à suspecter que votre mémoire a été volontairement détruite ?
Alors, qu’est ce qui fait qu’on est perdu ? Hé bien, le monde tout d’abord, ne ressemble a priori à pas grand chose de connu. On est vraiment dans du word building de qualité, ce qui est un plus, mais qui ici m’a posé problème.
Un monde sans mémoire, mais du coup qui m’a perdu
Parce que, livré sans aucun code, on se retrouve donc à suivre Zan, une héroïne ma foi assez sympathique mais… qui a perdu la mémoire ! Résultat, elle non plus ne comprend rien à ce monde. Et puis, de toute façon, il n’est pas certain que quelqu’un dans ce livre comprenne quelque chose à ce monde, puisqu’on se retrouve dans un cas classique de monde-univers probablement post-apocalypse dans lequel la compréhension de la raison des choses a sans doute disparu depuis bien longtemps.
Et dans l’ensemble, cela a fait trop pour moi. Un monde décontenançant, livré sans code, et peuplé de personnages ne les ayant pas non plus, cela m’a un peu perdu. Mais je ne suis pas une bonne cible pour ce genre de livre je dois dire. A part Vita Nostra, qui m’avait fait un peu la même impression de monde déconcertant, mais en réussissant cette fois à m’entrainer pleinement grâce à son côté initiatique, cela me parle rarement.
Une rencontre ratée donc pour cette lecture des étoiles sont légion. Doit-elle être ratée pour vous pour autant ? Pas sûr, car je reconnais quand même beaucoup de qualités à ce livre. D’une part, je l’ai dit, un vrai effort de word building et je suis sûr que, si vous arrivez à rentrer dedans, cela doit être très agréable. D’autre part, des personnages qui progressivement arrivent à être attachants.
A vous de voir donc ! Peut être une lecture de vacances sympathique, peut être une expérience plus compliquée 🙂 Mais n’hésitez pas à me partager votre avis !
PS : j’aurais quand même une question pour l’éditeur quand j’y pense. Il est très surprenant de voir dans les remerciements l’auteur indiquer qu’il est très content d’avoir en couverture de son livre un vaisseau spatial, car cela lui semblait important… et que ce ne soit pas le cas sur l’édition française ?
D’autres avis : Le Culte d’Apophis, l’Epaule d’Orion, Au Pays des Caves Trolls, Les Chroniques du Chroniqueur,
Lecture précédente : L’Homme des Jeux, de Iain. M. Banks
Lecture suivante : Le Grand Vaisseau, de Robert Reed
Livre lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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L’homme des jeux (Iain M. Banks)


Ce petit challenge #SummerStarWars est une belle occasion pour moi de relire quelques anciens coups de coeur. Et après cette bien sympathique aventure d’Andréa Cort, j’ai eu envie de me replonger dans un livre qui m’avait beaucoup plu à l’époque, à savoir l’homme des Jeux, livre qui fait partie du merveilleux cycle de la culture du regretté Iain M. Banks. Lu pour la première fois donc, de mémoire, vers 2004, donc ça commence à dater un peu. Je m’y suis donc relancé, avec un peu d’appréhension quand même suite à mon expérience étonnante de Tau Zéro récemment.
La Culture, une société essentielle de la littérature de science-fiction…
Il y aurait beaucoup à dire sur ce livre, et plus généralement sur la Culture. Je vais quand même essayer de faire simple.
La Culture est une société « futuriste ». Et, même si c’est sans doute une appréciation personnelle, je crois qu’on peut la qualifier d’utopiste. Dans un avenir non déterminé (il me semble), l’homme (enfin, l’homme, pas vraiment puisqu’on peut librement changer de sexe, ou créer toute combinaison souhaitée d’ailleurs) est présent partout dans la galaxie, voire dans plusieurs galaxies. Mais (i) il n’est pas seul ; (ii) il ne fout pas grand chose. Il n’est pas seul car cette société futuriste est avant tout anarchiste, mais « managée » par des intelligences artificielles, des drones, des vaisseaux, bref, tout ce qui peut abriter quelque chose. Ces intelligences sont de tout niveau, mais globalement, elles s’occupent de tout. Ce qui m’amène au (ii) : l’homme n’en fout pas une. Tous les besoins étant automatisés, l’homme n’a plus de rôle, si ce n’est de s’amuser, se détendre, créer, bref, tout sauf travailler a priori.
Passionnante, cette société est extrêmement importante dans la littérature SFFF d’aujourd’hui pour moi car il s’agit d’une brillante tentative de mettre en avant une société anarchiste comme modèle de société ultime. C’est assumé dans différents livres – notamment celui-ci -, c’est discuté, et c’est vraiment intéressant. Par ailleurs, il ne faut surtout pas penser, malgré ma laborieuse description ci-dessus, que les « drones » ne sont que de vulgaires robots. Il s’agit d’humains, en mieux. Pleins d’humour – dès le choix de leur nom -, pleins d’intelligences, plein de, hum, on va dire d’espièglerie. On a donc affaire ici à une vraie société, développée par pas mal d’angles différents – la guerre, les jeux, l’utopie -, mise en scène par un auteur avec un vrai talent dans l’invention, mais aussi dans l’écriture.
… dont ce livre est une excellente première approche
Et j’en arrive à « l’homme des jeux ». Ce livre se passe donc dans le Cycle de la Culture. On y retrouve Gurgeh. Je précise que je vais en parler comme d’un homme car il est masculin dans ce livre, mais cette distinction n’a pas de sens dans une société dans laquelle tout est possible, à tout moment. Donc, Gurgeh, en bon membre de la Culture, passe sa vie à jouer. A tous les jeux existants, toutes les versions modernes des Echecs, du Go,… Et, il y excelle, au point d’ailleurs de commencer à s’y ennuyer. Se propose alors à lui une opportunité comme seule la Culture peut en offrir : celle d’aller jouer dans une société qui vient seulement d’entrer en contact avec la culture à un jeu qui structure cette société : l’Azad.
Dis comme ça, le livre peut avoir l’air sympa, mais sans plus. Et pourtant, c’est un livre génial, que je vous conseille vigoureusement de lire si ce n’est pas déjà fait ! Pourquoi ?
- D’abord, parce que c’est un page turner sans faille. Car même si c’est a priori un jeu, un vrai suspens s’installe, et la fin du livre arrive franchement très vite. Je l’ai relu rapidement, dans un vol, sans faillir.
- Ensuite, parce que c’est n’est pas à une simple partie de jeu qu’on assiste avec Gurgeh, c’est à une vraie découverte d’un autre monde, et d’une autre culture. Et comme souvent, c’est bien fait, ça fait réfléchir, c’est marrant, c’est léger.
- Enfin, parce que c’est la Culture. Que c’est la base en société futuriste. Et que franchement, quand ça se lit aussi facilement et aussi vite que ça, je ne vois pas de raison de seulement penser à refuser.
Conclusion simple : il faut le lire !
Donc, en conclusion : lisez « l’homme des jeux ». Vous pourrez dire que vous avez une idée de ce qu’est la Culture après ça. Vous passerez un super moment, intense car pas trop long et rythmé. Et après, vous n’aurez plus qu’à enchainer sur d’autres livres. De mon côté, cela m’a fait penser qu’il fallait que, plus tard, je m’en relise un autre. Peut être les enfers virtuels, moins connu et plus récent ?
Lecture précédente : La Troisième Griffe de Dieu, d’Adam Troy Castro
Lecture suivante : Les Etoiles sont Légion, de Kameron Hurley
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

D’autres avis : De livres en livres
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La Troisième Griffe de Dieu (Adam Troy Castro)


Bon, ok, j’ai un peu de retard. Et aucune excuse en plus car j’avais déjà lu le tome 1. Mais c’est pas grave, c’est les vacances, il fait beau – presque un peu chaud, non ? -, et on a le temps (philosophiquement en tout cas) ! Donc, j’ai donc profité d’un petit voyage pour lire « La Troisième Griffe de Dieu », ce tome 2 des aventures d’Andréa Cort dans un univers impitoyable.
Je ne reviens pas sur le tome 1 et ses conséquences, je ne veux pas spoiler. Andréa Cort est une enquêtrice un peu exceptionnelle dans un univers peuplé d’humains – et de quelques autres choses, notamment des intelligences artificielles assez bien implantées -. On se trouve donc ici dans un space opéra, au sens où l’histoire se passe dans un univers dense. Mais avant tout, on est en fait dans un policier dans l’espace, en huis clos s’il vous plait.
Un space policier…
Je n’ai pas envie, pour ne pas changer, de détailler un résumé. J’ai plutôt envie de vous raconter à quoi vous attendre avec ce livre.
Je crois qu’on a deux faces à ce livre, et à cette histoire.
Côté face, c’est un livre qui n’est pas bien loin de pouvoir se lire en stand alone. Andréa Cort est une enquêtrice brillante, bloquée dans une salle avec un meurtrier et un ensemble de suspects. Le livre couvre cette enquête. On y retrouve le suspens d’un roman policier – ce livre est un vrai page turner ! -, avec pas mal d’atouts supplémentaires offerts par la SFFF : des armes, des protagonistes, des enjeux qui sont passionnants.
Côté pile, on retrouve un livre qui s’insère parfaitement dans la mythologie de l’univers d’Andréa Cort. [spoiler du tome 1] A la fin du tome 1, Andréa Cort a été nommée par un ensemble d’intelligences artificielles procureure extraordinaire. Sa mission est de trouver un moyen de tuer ces intelligences artificielles, et de se venger d’une frange renégate à l’origine de l’évènement fondateur de sa vie, un massacre mutuel soudain entre ses pairs et des extraterrestres qui pourtant vivaient en harmonie, et dont elle est devenue le portrait. Dans ce livre, on en apprend plus sur ces événements, sur le rôle d’Andréa, sur sa mythologie dans son ensemble finalement. [/spoiler] C’est donc un livre qui complète tout à fait utilement le précédent, et donne envie de lire la suite !
… parfait pour les vacances
Au final, pas besoin d’en faire des tonnes, on va faire simple. La troisième griffe des dieux est : un page turner addictif, dans un univers de science fiction, qui s’insère dans une mythologie plus grande, et qui se lit tout seul. Aussi, je ne peux que recommander vivement sa lecture, comme tant d’autres avant moi !
PS : je n’ai pas parlé de la novella qui accompagne le livre « un coup de poignard », mais elle est dans la continuité, et ouvre même l’univers en proposant un nouveau personnage
PPS : en passant, puisque je râle souvent contre cela, merci à Albin Michel Imaginaires, ou à l’auteur je ne sais pas, pour le résumé des personnages au début du livre! Pour les cycles, c’est quand même à mon avis indispensable – et pourtant presque toujours absent -.
PPPS : et si vous voulez ma critique du tome 3, encore plus enthousiaste, cela se passe ici.
Points positifs :
- Page turner très addictif
- Se lit vraiment tout seul
- S’insère dans une mythologie plus grande
Points négatifs :
- pas vraiment trouvé : il fait très bien ce qu’il sait faire. Pas le bon bouquin si vous voulez de la hard science, du sense of wonder, etc…
Si vous avez aimé ?
- Bon, déjà, faut lire le tome 1 et le tome 3. Sinon, dans le ton, la simplicité de lecture, et le côté policier, ça me fait un peu penser au Journal d’un Assassynth (avec plus d’action dans ce dernier)
D’autres avis : Apophis, le Chien Critique, Xapur, Au Pays des Caves Trolls, L’Epaule d’Orion, De livre en livres, FeyGirl
Lecture précédente : Tau Zéro, de Poul Anderson
Lecture suivante : L’Homme des Jeux, de Iain M. Banks
Livre lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Tau Zéro (Poul Anderson)


Bon, avec cette lecture de Tau Zéro, me voici un peu dans une situation du type « on ne devrait pas rencontrer ses idoles ». Et dans une position un peu particulière pour commenter cette lecture.
J’ai lu Tau Zéro pour la première fois au moment de sa republication par le Belial, il y a quasiment 10 ans jour pour jour donc. Comme je profite un peu du challenge #SummerStarWars pour intégrer quelques relectures d’oeuvres que j’ai beaucoup aimé dans ma PAL (où comment augmenter sa PAL sans acheter un seul livre… bref), je me suis relancé dans ce petit livre d’à peine 200 pages. Et là… Hé bien, j’ai dû changer je pense, surtout pour un livre que j’avais chaudement recommandé à l’époque. Encore que tout n’est pas à jeter, loin de là. Mais je peux détailler.
Une histoire séduisante basée sur une idée assez folle
Le pitch est assez simple. Nous sommes sur Terre, dans une époque vaguement « futuriste mais pas trop ». Un équipage de 50 passagers (25 hommes, 25 femmes) s’embarque sur un vaisseau spatial à destination d’une nouvelle planète, qu’ils pourront commencer à coloniser (et à repeupler). Problème : sur la route, un incident survient, et ils ne vont pas pouvoir atteindre la destination. S’en suite alors un voyage complètement fou sur une durée – et une distance parcourue – correspondant à une ambition que j’ai franchement très rarement vu, à part chez Stephen Baxter.
Du sense of wonder au max, mais un problème initial de personnages…
A posteriori, je me souviens bien que c’est cette partie qui m’avait séduit : le sense of wonder du livre. On est vraiment dans des échelles passionnantes, un côté scientifiquement passionnant, et un voyage qui fait vraiment rêver et réflechir. Cette partie, à la relecture, est toujours bien présente, et rien que pour ça le livre – et ses quelques 200 pages à peine – vaut vraiment le détour.
Par contre, ce qui m’a moins plu dans cette relecture, et qui ne m’avait pas marqué à l’époque (mais j’ai tellement lu depuis…), ce sont les personnages.
Le vaisseau comporte 50 passagers, ce qui limite forcément le nombre de personnages. Mais en réalité, on est beaucoup plus limités que cela, avec peut être une dizaine de personnages dans ce huis clos de l’espace. Mais dès le début – surtout au début en fait, sur la première moitié -, je trouve que cela cloche. Les personnages me semblent manquer de profondeur, et dans toute la première moitié, on sentait plus une volonté de créer des couples qu’autre chose. Avec des comportements masculins et féminins très marqué et, pour tout dire, une place des femmes que j’ai trouvé assez caricaturale dans l’ensemble.
… alors que l’intérêt caché du bouquin est pourtant là
Pourtant, si c’est le côté scientifique qui m’avait plu, le véritable intérêt du livre, ce qui occupe vraiment l’auteur, c’est la relation entre les personnages, et c’est intéressant. Les équilibres qui se créent dans ces situations de tension, la façon dont les personnages évoluent. C’est là qu’est l’intérêt du livre en réalité. Mais ça cloche désormais, et malgré de bonnes idées, ça sonnait un peu creux, et un peu caricatural.
En conclusion…
Dans l’ensemble, vous le devinez, je suis partagé en termes de recommandation, et embêté aussi car une partie de ces impressions vient de mes attentes liées à une première lecture. D’un côté, on a ici un bouquin avec un sense of wonder vraiment passionnant, et une idée très intéressante de creuser les relations entre les personnages dans un huis clos spatial, en situation de tension. Je n’ai pas vraiment d’exemple de livre de ce type, et l’idée est vraiment bonne. D’un autre côté cependant, les personnages me semblent vraiment manquer de profondeur et être souvent trop clichés pour que l’idée tienne la route. A vous de voir quel équilibre vous trouvez à tout cela donc, sachant que dans tous les cas l’investissement est faible, le livre étant très court !
D’autres avis : Navigatrice de l’Imaginaire, Les Chroniques du Chroniqueur, Les Blablas de Tachan (avec une très intéressant commentaire du traducteur !)
Chronique précédente : 10 autrices incontournables en SFFF
Lecture suivante : La Troisième Griffe de Dieu, d’Adam Troy Castro
Chronique réalisée dans le cadre des challenges #SummerStarWars et #S4F3


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10 autrices incontournables en SFFF


#incontournablesSFFF
J’aime bien les hashtag, ça permet de découvrir des choses 🙂 Alors, me voici cette année pour le #incontournablesSFFF, le retour. Après une grosse source d’inspiration l’année dernière (incontournables récents : n’hésitez pas à aller voir ça donne plein d’idées !), voici Nevertwhere qui remet ça de façon plus ciblée : avec un top 10 des autrices SFFF (cf. ici pour tout le détail) !
Bon, il faut savoir que c’est le genre de choses qui ne m’est pas si facile. Déjà parce que je n’ai pas de mémoire, et ensuite parce que il y a assez peu d’auteurs de façon générale que je suis, je me laisse souvent guider par les sorties, les envies. Et puis, je dois avouer que je fais rarement attention au sexe de l’auteur, qui n’a à mon sens peu d’importance – jusqu’à ce qu’il s’impose à moi, bonjour Peter Hamilton, pour ne citer que le plus récent -. Cependant, ça veut juste dire qu’il faut réfléchir un peu, et on s’en sort assez bien finalement. Voici mon top 10 (non classé je précise, ce sont juste les 10 noms que j’ai envie de retenir), avec des raisons différentes pour chacun (parfois, auteur prometteur, parfois auteur culte pour moi). Je précise que j’ai fait le choix de ne pas lire ce que les autres ont pu écrire à ce stade, ce qui conduira forcément à des oublis mais garantit la spontanéité de ma liste 🙂
Dernière précision pour insister : ce ne sont pas les autrices qui comptent dans la SFFF dont je propose de vous parler ici (il en manquerait !), mais celles qui sont MES incontournables, c’est à dire celles qui m’ont vraiment provoqué une émotion. Si vous pensez qu’il m’en manque, n’hésitez pas à m’en suggérer 😉
Hop, je vous propose donc :
Catherine Dufour
(L’Accroissement Mathématique du Plaisir)

C’est marrant car, quand je pense « autrice », et que je fais l’effort de réfléchir à un auteur femme, je pense tout de suite à Catherine Dufour. Il s’agit d’une autrice que j’ai découvert il y a quelques années de cela, avec tout d’abord le « goût de l’immortalité » et « l’accroissement mathématique du plaisir ». Et j’ai pris un choc je dois dire ! Le style est différent du reste, sans doute tellement plus sombre mais l’ensemble est si bien écrit ! On parle vraiment d’une autrice qui emmène dans son propre univers, qui écrit bien, qui peut être crue mais qui fait vraiment, vraiment passer des émotions. Extrêmement recommandable !
A l’époque, je me suis donc mis à lire pas mal de choses qu’elle avait écrite à l’époque, et à en parler autour de moi – y compris de son livre d’histoire par exemple, qui a l’avantage de pouvoir intéresser tout le monde !-. Et depuis, j’ai découvert en plus qu’elle était sympa, accessible sur Twitter… Bref, vraiment une incontournable de la SFFF pour moi !
Ursula Le Guin
(Terremer)

Bon, comme je l’ai dit, je n’ai pas lu ce que les autres ont écrit. Mais comment imaginer que Mme Le Guin ne soit pas dans toutes les listes ? Autrice de l’âge d’or, de renommée mondiale, ayant écrit des oeuvres magnifiques. Pour ma part, je l’ai découverte, de façon peut être un peu originale, avec le cycle de Terremer, qui reste pour moi une version (vraiment !) améliorée d’Harry Potter. A l’époque, je n’avais presque pas lu de fantaisie. Depuis, j’en ai lu beaucoup plus mais j’ai toujours en tête les aventures de Ged, grand magicien, et de ses dragons.
Bien sûr, par la suite, j’ai pu après apprécier son cycle de l’Oekumen, même si le style parfois un peu aride il me semble m’a empêché de tout lire pour le moment. Terremer reste cependant une référence, et on est là aussi chez une grande dame, une incontournable !
Martha Wells
(Journal d’un Assasynth)

Bon, jusqu’à présent, on était sur deux découvertes passées, qui ne me rajeunissent pas tant que ça. Pour Martha Wells, c’est plus récent, et c’est basé je dois l’avouer sur un cycle : le journal d’un Assassynth. Bon, un cycle seulement donc, mais un énorme coup de coeur pour moi, et une sortie que j’attends chaque fois avec une très grande impatience ! Et au vu des prix que ce cycle a pu recevoir, je pense que je ne suis pas le seul. Dans la SFFF d’aujourd’hui, Martha Wells est incontournable, et mérite bien sa place dans mon classement 🙂
Becky Chambers
(L’Espace d’un An)

Oui, certaines tranches sont un peu abimées :S Hmmm… Becky Chambers 🙂 Rien que son nom donne le sourire je trouve. On est ici dans ce qui me semble être un tout nouveau type de SF, la SF positive. Beaucoup d’imagination, beaucoup de concentration sur les personnages, et surtout des beaux moments dans l’espace. En relisant ma critique de 2020 (ici), je parle d’un sentiment de flotter dans du coton en lisant ce livre. C’est vraiment ce que je retiens quand je pense à ses différents livres. Une incontournable là aussi pour moi, un auteur dont j’attends chaque production avec impatience.
Karin Lowachee
(Warchild)

Voici une autrice que je dois avouer ne connaitre que par le biais d’un seul cycle : Warchild. Mais quel cycle ! Dans le cadre du challenge #SummerStarWars, j’ai relu le tome 1 la semaine dernière (cf. ici). C’est fort, c’est bien écrit, c’est initiatique mais ça secoue aussi sur la thématique des enfants et la guerre. Ce cycle fait partie de mes cycles forts, quasi cultes, de la SF. Alors, certes, je n’ai pas eu l’occasion encore de lire d’autres productions de cette auteur, mais elle a quand même tout à fait mérité sa place dans mon classement !
N.K. Jemisin
(Les Livres de la Terre Fracturée)

Hop, même cause, même effets. Avec en cause cette fois le cycle de « La Terre Fracturée ». Je dois avouer avoir un peu oublié le détail de ces livres, mais l’impression forte qui s’en dégage est que je les avais avalé à toute vitesse tellement ils m’avaient plu. Depuis, je n’ai pas eu l’occasion de lire autre chose d’un auteur – qui est pourtant pas mal publié, mais je ne suis que rarement des auteurs ! -. Mais là aussi, par ce cycle, par ce succès, il s’agit pour moi d’une autrice incontournable.
Jo Walton
(Morwenna)

J’ai découvert Jo Walton avec Morwenna, que je choisis comme titre pour sélection. Un livre magnifique, qu’il faut absolument que je relise d’ailleurs, sur une jeune adolescente qui s’épanouit à travers la lecture de livres de SFFF… Absolument incontournable, magnifique, à part, et en tout cas vraiment à lire. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai lu après « mes vrais enfants », que j’ai même réussi à faire lire à ma femme, c’est dire. Un livre magnifique, émouvant… Bref, une autrice qui compte, et qui a su vraiment susciter des choses chez moi !
Marine Diatchenko
(Vita Nostra)

Hop, encore un livre récent qui m’a vraiment beaucoup beaucoup plu. C’est certes un peu de la triche car elle écrit avec son mari a priori, mais après tout, marre de l’idée que quand un couple écrit, c’est l’homme qui compte. Ici, on parle d’un livre magnifique, une sorte de Harry Potter complètement déjanté, fou, dur à lire mais tellement prenant, imposable… Bref, un très très gros coup de coeur de ces dernières années pour moi, suivi récemment par le tome 2 des métamorphoses qui, sans atteindre le niveau de coup de coeur du premier, reste un excellent livre. Et qui permet donc à cet auteur ukrainien écrivant en russe de se trouver dans mes incontournables !
Estelle Faye
(Les Nuages de Magellan)

Voici une autrice pour laquelle je suis très en retard 🙂 Car il me semble qu’elle est déjà incontournable, tant ses livres sont commentées un peu partout, et appréciés. De mon côté, je la mets ici car, après ma lecture des nuages de magellan (cf. ici), je suis obligé de me mettre à la suivre de près, car c’était quand même vraiment ‘achement bien ! Elle est donc devenue une incontournable pour moi, une autrice dont je vais essayer de lire un peu plus de la prose, et dont je guetterais les prochaines productions.
Claire North
(Le Serpent)

Dernière autrice, que je ne connais finalement que très peu. Je n’ai lu qu’un livre d’elle. Même pas un vrai livre, un tout petit livre, une novella (cf. ici). Mais ce livre était… un de mes très gros coup de coeur de l’année, une vraie belle découverte et dont j’attends la suite avec beaucoup d’impatience (quel regret qu’elle ne sorte pas pour l’emmener durant l’été !). Ce livre est beaucoup de choses : gros wordbuilding, intrigue vraiment passionnante et intelligente, rythme, personnages attachants et intéressants. Cela me fait penser beaucoup beaucoup de bien de l’autrice, et pour cette année, elle est vraiment devenue incontournable!
Conclusion
Voilà pour moi ! Mes incontournables, qui correspondent surtout aux autrices qui m’ont marqué pour diverses raisons. Il en manque plein ! Je pense notamment à Ada Palmer (mais je n’ai pas encore accroché à son cycle tera ignota, il faut que je lise le tome 2), Elisabeth Vornaburg (mais son livre phare, bien que très intéressant, Chroniques du pays des mères, ne m’a pas tant marqué), Laurence Sühner (dont la série Quantika m’a beaucoup plu, mais à une période où j’étais souvent malade donc manque de bol je n’aime pas trop y repenser), Lois McMaster Bujold (j’ai vraiment bien aimé la saga Vorkosigan !). Mais il faut faire des choix. A vous, donc !
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Le Signal des Saints (Salvation T3) – Peter F. Hamilton


Hum. Voilà un livre sur lequel j’ai bien du mal à avoir un avis définitif.
Une histoire de guerre intergalactique pour la survie de l’humanité…
Revenons aux bases cependant.
Le cycle de Salvation est le dernier cycle de Peter F. Hamilton, qui n’en est pas à son coup d’essai. Le Pitch est assez simple. A une époque vaguement contemporaine de la notre, un premier contact a (enfin) lieu avec les « Olyx », un peuple bien plus avancé. A peine ceux-ci arrivés, ils se montrent extrêmement généreux, offrant à l’humanité un ensemble de nouvelles technologies, gratuitement, pour le plaisir de nous aider. Officiellement, les Olyx sont en pèlerinage, en route vers leur Dieu qu’ils espèrent retrouver à la fin des temps, et ils ne passent par ici que pour reprendre quelques ressources.
Très vite cependant, il s’avère qu’il existe un prix à payer à cette générosité – ou un cadeau, vu des Olyx. Ces derniers ont en effet une mission sacrée : aller retrouver leur Dieu à la fin de temps, mais surtout lui apporter tous les peuples possibles. Ils offrent donc à l’humanité la possibilité de les rejoindre, souhaitant emmener l’ensemble de l’humanité dans un cocon afin de les sauvegarder jusqu’au bout moment. Enfin, offrir est un mot très marketing, puisqu’en réalité, il n’y a pas d’autre choix. Ils doivent nous emmener.
Et nous voici partis dans une guerre complètement déséquilibrée, l’humanité ayant besoin d’user de toutes ces ressources pour éviter d’être placée dans un « cocon », en stase, en attendant la fin des temps.
L’ensemble du cycle tournez autour de ce Pitch, le récit alternant entre deux périodes temporelles : la période de « révélation », où la guerre contre les Olyx commence ; une période plus en amont dans le futur, moment décisif où ce qu’il reste de l’expansion humaine doit tenter d’enfin vaincre les Olyx.
… qui se termine ici en apothéose
Voila pour le Pitch global du cycle, mais à dire vrai, c’est aussi suffisant pour pitcher ce livre. Le tome 3 est en effet la conclusion de la saga, le point d’orgue de toutes les pages qui ont précédé : celui de la confrontation finale entre humains et Olyx, ou plus exactement celui où se dénouera cette partie de l’histoire de l’humanité. On y retrouve l’alternance classique entre les deux époques temporelles, et les personnages déjà rencontrés depuis le début du cycle. Et si ce livre tiens les promesses du tome 2, je suis un peu partagé dans l’ensemble.
Un cycle grandiose, mais
Dans l’ensemble, je le disais, je ne sais pas bien quoi penser de tout cela.
Bon, commençons par la partie facile ceci dit. Si vous avez lu les deux premiers, je ne vois aucune raison de ne pas lire le troisième. Je ne dirais pas que ce livre tiens toutes ces promesses – j’avais le sentiment d’avoir été plus enthousiasmé par le premier -, mais il est clairement dans la continuité du deuxième, et offre une très adaptée conclusion à cette trilogie. Aucune hésitation donc si vous êtes dans ce cas, il faut lire le troisième, simplement parce que vous avez envie de lire – et connaitre – la fin. Et vous ne serez pas déçus ! C’est complètement dans la continuité.
Partie plus difficile : et si je n’ai pas lu ce cycle, est-ce que ce tome 3 doit me donner envie de lire cette trilogie ? A cette question, je suis partagé dans la réponse.
Le cycle brille par pas mal d’aspects : l’échelle temporelle déjà, qui se chiffre en milliers d’années, tout comme la toute puissance des combats spatiaux, de l’action, de l’ambition. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire un bien joli space opéra de type presque militaire.
Dans le même temps cependant, je ne peux m’empêcher, en refermant ce livre, de me demander ce qui m’a vraiment marqué. C’est bien fait, c’est ambitieux mais… cela manque un peu de relief ? Les personnages ne me semblent pas vraiment attachants. Peut être y a t’il trop de dialogues, peut être tout bêtement pas assez de personnages par époque, peut être… Je ne sais pas trop, en un mot, je trouve que cela manque un peu de souffle. Ma mémoire me fait un peu défaut mais j’avais été plus enthousiasmé par le premier tome, et la découverte de l’univers. Depuis, j’ai un peu l’impression que tout a été posé, et qu’on assiste à un dialogue permanent entre les différentes parties, pour arriver à un combat final certes impressionnant techniquement, mais fort peu chargé émotionnellement finalement je trouve. Attention, cela ne veut pas dire que c’est un mauvais livre, ou un mauvais cycle. C’est de la bonne science fiction, qui se lit toute seule, qui est bien rythmée. Disons plus que c’est une bonne lecture d’été, de celles qui vous détendent, mais pas forcément de celles qui vous marquent.
En synthèse, je ressors assez mitigé de ma lecture. Peut être est-ce dû au temps passé entre ma lecture du 2 et du 3 (et à l’absence de résumé de l’éditeur, grrrr !), ou à mon humeur du moment, mais j’ai trouvé l’ensemble un peu trop plat. Attention, ce n’est pas un mauvais livre pour autant, et c’est même un très bon livre de détente pour les vacances ! C’est juste que… je pense qu’il aurait été possible de donner plus de souffle. A lire donc si vous avez lu le tome 2, parce qu’il faut conclure, ou si vous aimez vraiment Peter Hamilton. Sinon, je me demande s’il n’est pas possible de faire l’impasse sur ce cycle – sauf volonté de se détendre en vacances, si le livre vous passe sous la main. Pour du gigantisme, j’ai largement préféré Stephen Baxter, même si moins accessible. Et de façon plus générale, il y a pas mal de bons livres en space opéra en ce moment, comme le montre ce joli hashtag #SummerStarWars 🙂
Points positifs :
- Sense of wonder au max, grande échelle temporelle
- Combats spatiaux sympas, et globalement conclusion adaptée à l’ensemble du cycle
Points négatifs :
- Manque d’émotion à mon sens, peut être trop « plat » finalement
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Le Jardin Quantique (Derek Künsen ; Cycle de l’évolution quantique tome 2)


Mouarf. En voilà un livre qui décoiffe !
Récemment, vous avez pu en être témoins, j’ai lu pas mal de space opéra, mais avec une caractéristique commune : une lecture assez facile. Pas toujours émotionnellement (Warchild par exemple), mais avec un style et un rythme rendant le livre très abordable. Cette fois, cette lecture est un peu différente, parce qu’on a changé de style : on est dans la hard SF, i.e. de la science fiction qui assume pleinement son côté « science ».
Retour vers le futur, version space opéra
Hum, j’ai envie de rester simple dans le résumé, et c’est un livre qui ne l’est pas. Alors, je vais faire très concis. Ce livre parle avant tout de voyage dans le temps. On se retrouve dans un univers où le héros, Belisarius Arjona, après avoir accompli une incroyable escroquerie (cf. tome 1), s’aperçoit qu’elle risque de coûter la vie à tous ses (rares) congénaires, Homo Quantus comme lui. Pour éviter cela, il décide de retourner dans le passé régler le problème. C’est assez simple finalement.
Pour autant, à part le pitch, rien n’est simple. D’abord parce que, comme tout bon voyage dans le temps qui se respecte, il faut faire attention à beaucoup de choses. Tout fan de retour vers le futur le sait bien (Umbrella Academy marche aussi si vous voulez, et que vous êtes plus jeune) : le passé, c’est fragile, il faut y faire attention. Ensuite parce que notre ami Derek Künsen ne rigole pas avec la théorie, et avec l’imagination. Ce voyage sera l’occasion de rencontres, et de beaucoup beaucoup de réflexion de la part de nos amis Homo Quantus (hommes quantiques pouvant se placer dans un état quantique qui les rend extrêmement fort en réflexion, mais « coupés du monde » en quelque sorte).
Un livre à lire, vraiment, sauf si
Dans l’ensemble, je trouve ce livre absolument brillant. Pour au moins deux raisons :
- Le worldbuilding, l’intelligence, le traitement des personnages, tout est extrêmement bien pensé, dense, et pertinent. On se retrouve ici avec un livre de hard SF avec des émotions, alors même que la caractéristique principale des personnages est de pouvoir s’en abstraire.
- Loin de se limiter à traiter la question du voyage dans le temps – pourtant déjà très complexe -, l’auteur a réussi, grâce également au premier tome, à nous plonger dans un univers regorgeant d’intrigues. Je ne développe pas ici, mais l’univers voit plusieurs factions s’opposer, a pour toile de fond une guerre intergalactique, à laquelle participent plusieurs races humaines. Voir extra humaines.
Je ne vois absolument aucune raison de ne pas lire ce livre donc… sauf une. Il est quand même complexe à suivre, par son aspect hard SF. On parle beaucoup « théorie » quantique, univers à plusieurs dimensions,… Alors, c’est passionnant, c’est superbement fait et très rare, ce n’est pas fait au détriment de l’émotion et des personnages, mais… c’est quand même très scientifique. De mon côté, j’adore ça, mais je ne le conseillerais pas à tout le monde quand même. A vous de voir où vous vous positionnez !
Dernier mot également avant de conclure, qui est aussi une vraie raison de se lancer : l’air de rien, je crois que l’auteur a réussi à placer des ingrédients par ci par là pour écrire un troisième tome qui n’aurait rien à voir. Avec une optique beaucoup plus « guerre totale ». Je ne spoile pas en disant cela, car c’est plus un sentiment à ma lecture, mais je trouve que s’il veut y aller, il pourrait conclure une trilogie en beauté… Comme je ne souhaite pas me spoiler, je ne cherche pas à savoir mais, à mon sens, c’est extrêmement prometteur !
Points positifs :
- De la hard SF page turner, ce n’est pas si courant ! Une vraie intrigue, de vrais personnages, et une vraie envie de connaitre la suite
- Une passionnante histoire de voyage dans le temps
- Un contexte (personnages, intrigue générale) extrêmement bien fouillé, et très prometteur pour la suite
Points négatifs :
- Très scientifique quand même, donc pas forcément pour tout le monde
Si vous avez aimé ?
- Pour moi, cela me fait penser beaucoup au cycle des Xeelees, de Stephan Baxter
Et pour d’autres avis : Les lectures du Maki, Apophis, Epaule d’Orion, Au Pays des Caves Trolls
Livre lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Universal War One – Denis Bajram


Dans le cadre du challenge #SummerStarWars, j’ai décidé de vous parler d’une BD de science fiction qui me tient à coeur : Universal War One. Et pour cela, je vais commencer en faisant très simple : si vous ne devez lire qu’une BD de SF dans votre vie, vous DEVEZ choisir celle là.
Une fois ceci posé, le principal est dit je pense. Mais je peux développer un peu quand même (mais pas trop : lisez le !).
Universal War One est une série de 6 BDs (réunies dans un joli collector) publiées entre 1998 et 2006, soit pas si récemment que cela. On se trouve dans un univers dans lequel l’humanité a colonisé le système solaire, et où la Terre s’est politiquement globalement unie derrière l’héritier des Nations Unies et semble relativement toute puissante. Face à cette organisation cependant se dressent des concurrents économiques – mais qui vont devenir plus que ça -, les Compagnies Industrielles de Colonisation, plus connues comme CIC.
La BD suit l’escouade Purgatory, assemblage de 6 militaires plus ou moins rejetés du système suite à des écarts de comportements passés. Parmi ceux-ci notamment se trouve Denis Bajram, ou plus exactement un génie absolu du nom d’Edward Kalish.
Je n’ai pas envie d’en dire beaucoup sur l’intrigue car elle m’a vraiment scotchée. A dire vrai, je n’ai rien envie de dire tellement je pense que c’est une oeuvre qui se découvre… Pour en dire un peu cependant, sachez qu’on y retrouve :
- des personnages brillamment mis en scène, attachants, passionnants à suivre, ce qui n’est pas si facile sur un format BD
- une intrigue brillante d’intelligence, entre guerre interstellaire, huis clos, émotions et voyage dans le temps (!)
- des dessins magnifiques, des couleurs magnifiques aussi, on est juste sur le visuel sur un chef d’oeuvre absolu pour moi

Les dessins sont absolument magnifiques Pour ceux que ça intéresse, cette première guerre universelle est suivie d’une deuxième, mais que l’auteur n’a pas encore fini d’écrire (en même temps, il a sorti une jolie BD Goldorak entre temps, on lui pardonne partiellement donc). Bien joliment partie pour le moment – et j’attends la suite avec impatience -, mais sa lecture est facultative, le premier cycle étant parfaitement autosuffisant.
Bref, je fais court, mais c’est une BD, ça se lit relativement vite, et je ne veux surtout pas spoiler tant cette BD a été un choc pour moi. Vous l’aurez peut être remarqué, je suis un très gros lecteur de livres de science fiction, space opéra en particulier, et sans aucun problème avec la hard science (j’adore Baxter notamment). Donc j’ai une vraie habitude des intrigues denses et fouillées de certains livres de SF. Et pourtant, cette BD m’a complètement scotchée car elle est, en un mot, brillante. C’est vraiment mon oeuvre culte en BD de science fiction, au point qu’elle arrive à se hisser au niveau d’un super livre. Bref, Lisez là, c’est mon conseil du jour 🙂
Chronique réalisée dans le cadre du challenge #SummerStarWars
