Hum. Voilà un livre sur lequel j’ai bien du mal à avoir un avis définitif.

Une histoire de guerre intergalactique pour la survie de l’humanité

Revenons aux bases cependant.

Le cycle de Salvation est le dernier cycle de Peter F. Hamilton, qui n’en est pas à son coup d’essai. Le Pitch est assez simple. A une époque vaguement contemporaine de la notre, un premier contact a (enfin) lieu avec les « Olyx », un peuple bien plus avancé. A peine ceux-ci arrivés, ils se montrent extrêmement généreux, offrant à l’humanité un ensemble de nouvelles technologies, gratuitement, pour le plaisir de nous aider. Officiellement, les Olyx sont en pèlerinage, en route vers leur Dieu qu’ils espèrent retrouver à la fin des temps, et ils ne passent par ici que pour reprendre quelques ressources.

Très vite cependant, il s’avère qu’il existe un prix à payer à cette générosité – ou un cadeau, vu des Olyx. Ces derniers ont en effet une mission sacrée : aller retrouver leur Dieu à la fin de temps, mais surtout lui apporter tous les peuples possibles. Ils offrent donc à l’humanité la possibilité de les rejoindre, souhaitant emmener l’ensemble de l’humanité dans un cocon afin de les sauvegarder jusqu’au bout moment. Enfin, offrir est un mot très marketing, puisqu’en réalité, il n’y a pas d’autre choix. Ils doivent nous emmener.

Et nous voici partis dans une guerre complètement déséquilibrée, l’humanité ayant besoin d’user de toutes ces ressources pour éviter d’être placée dans un « cocon », en stase, en attendant la fin des temps.

L’ensemble du cycle tournez autour de ce Pitch, le récit alternant entre deux périodes temporelles : la période de « révélation », où la guerre contre les Olyx commence ; une période plus en amont dans le futur, moment décisif où ce qu’il reste de l’expansion humaine doit tenter d’enfin vaincre les Olyx.

… qui se termine ici en apothéose

Voila pour le Pitch global du cycle, mais à dire vrai, c’est aussi suffisant pour pitcher ce livre. Le tome 3 est en effet la conclusion de la saga, le point d’orgue de toutes les pages qui ont précédé : celui de la confrontation finale entre humains et Olyx, ou plus exactement celui où se dénouera cette partie de l’histoire de l’humanité. On y retrouve l’alternance classique entre les deux époques temporelles, et les personnages déjà rencontrés depuis le début du cycle. Et si ce livre tiens les promesses du tome 2, je suis un peu partagé dans l’ensemble.

Un cycle grandiose, mais

Dans l’ensemble, je le disais, je ne sais pas bien quoi penser de tout cela.

Bon, commençons par la partie facile ceci dit. Si vous avez lu les deux premiers, je ne vois aucune raison de ne pas lire le troisième. Je ne dirais pas que ce livre tiens toutes ces promesses – j’avais le sentiment d’avoir été plus enthousiasmé par le premier -, mais il est clairement dans la continuité du deuxième, et offre une très adaptée conclusion à cette trilogie. Aucune hésitation donc si vous êtes dans ce cas, il faut lire le troisième, simplement parce que vous avez envie de lire – et connaitre – la fin. Et vous ne serez pas déçus ! C’est complètement dans la continuité.

Partie plus difficile : et si je n’ai pas lu ce cycle, est-ce que ce tome 3 doit me donner envie de lire cette trilogie ? A cette question, je suis partagé dans la réponse.

Le cycle brille par pas mal d’aspects : l’échelle temporelle déjà, qui se chiffre en milliers d’années, tout comme la toute puissance des combats spatiaux, de l’action, de l’ambition. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire un bien joli space opéra de type presque militaire.

Dans le même temps cependant, je ne peux m’empêcher, en refermant ce livre, de me demander ce qui m’a vraiment marqué. C’est bien fait, c’est ambitieux mais… cela manque un peu de relief ? Les personnages ne me semblent pas vraiment attachants. Peut être y a t’il trop de dialogues, peut être tout bêtement pas assez de personnages par époque, peut être… Je ne sais pas trop, en un mot, je trouve que cela manque un peu de souffle. Ma mémoire me fait un peu défaut mais j’avais été plus enthousiasmé par le premier tome, et la découverte de l’univers. Depuis, j’ai un peu l’impression que tout a été posé, et qu’on assiste à un dialogue permanent entre les différentes parties, pour arriver à un combat final certes impressionnant techniquement, mais fort peu chargé émotionnellement finalement je trouve. Attention, cela ne veut pas dire que c’est un mauvais livre, ou un mauvais cycle. C’est de la bonne science fiction, qui se lit toute seule, qui est bien rythmée. Disons plus que c’est une bonne lecture d’été, de celles qui vous détendent, mais pas forcément de celles qui vous marquent.

En synthèse, je ressors assez mitigé de ma lecture. Peut être est-ce dû au temps passé entre ma lecture du 2 et du 3 (et à l’absence de résumé de l’éditeur, grrrr !), ou à mon humeur du moment, mais j’ai trouvé l’ensemble un peu trop plat. Attention, ce n’est pas un mauvais livre pour autant, et c’est même un très bon livre de détente pour les vacances ! C’est juste que… je pense qu’il aurait été possible de donner plus de souffle. A lire donc si vous avez lu le tome 2, parce qu’il faut conclure, ou si vous aimez vraiment Peter Hamilton. Sinon, je me demande s’il n’est pas possible de faire l’impasse sur ce cycle – sauf volonté de se détendre en vacances, si le livre vous passe sous la main. Pour du gigantisme, j’ai largement préféré Stephen Baxter, même si moins accessible. Et de façon plus générale, il y a pas mal de bons livres en space opéra en ce moment, comme le montre ce joli hashtag #SummerStarWars 🙂

Points positifs :

  • Sense of wonder au max, grande échelle temporelle
  • Combats spatiaux sympas, et globalement conclusion adaptée à l’ensemble du cycle

Points négatifs :

  • Manque d’émotion à mon sens, peut être trop « plat » finalement

Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars