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Summerland (Hannu Rajaniemi)


Voilà un livre surprise, au sens où je ne l’aurais jamais, mais alors jamais lu, sans l’article extrêmement incitatif d’Apophis. La faute déjà à une couverture assez anonyme au milieu des étagères assez fournies en couleurs des rayons SFFF. La faute aussi, je dois le dire, au fait qu’a priori la thématique et le type de livre ne me correspond pas complètement.
Mais bon, ce n’est plus à démontrer, je suis faible, et en voyant tant d’enthousiasme, je me suis lancé dans cette lecture.
Summerland, une uchronie mortelle d’espions, de guerre (très) froide, de Russie et d’Angleterre
Bon, ce n’est pas nouveau ici, je suis nul en résumé, et je n’ai vraiment jamais envie de spoiler. Et puis, c’est tellement bien fait ailleurs. Alors, je vais essayer de faire concis, et surtout de vous dire rapidement de quoi ça parle.
Le principal élément fantastique du livre est présent dès le titre, et il est d’importance : « Summerland« . Summerland est une sorte de version scientifique du paradis. C’est le « village des morts ». Et aussi le point de départ de cette uchronie. On a conquis la mort dès la fin des du 19ème siècle, compris son lien avec l’électromagnétisme, posé des concepts scientifiques derrière et désormais, quand on meurt physiquement, on peut parvenir à rejoindre « Summerland ». Cette ville où on pourra vivre a priori indéfiniment, avec son esprit conservé, et sans perdre le contact avec le monde des vivants.
Le deuxième élément d’importance du livre est… hé bien, son histoire, et plus exactement son histoire d’espionnage. On est en 1938, dans une version alternative de l’histoire. Version marquée par l’affrontement larvé entre la Russie – et sa propre version de la conquête de la mort -, et l’Angleterre. Version marquée par l’existence de Summerland. Et on va assister à une guerre d’espion, dans un contexte de potentielle explosion d’un conflit à la portée internationale.
Une uchronie solide et passionnante…
Et voilà à dire vrai pourquoi ce n’est pas complètement mon type de livre : je ne suis pas franchement branché roman d’espionnage, pas franchement branché uchronie non plus (nul n’est parfait :)). Et pourtant, j’ai trouvé beaucoup de qualités à ce livre.
Commençons par le début : les conséquences de l’existence de Summerland. La façon dont l’auteur construit un univers cohérent, complet, tirant un gros parquet de conséquences de ce postulat de départ, l’existence de cette vie après la mort, est un vrai point fort. C’est bien sûr un minimum pour une uchronie, mais ce n’est pas si facile, surtout qu’on ne parle pas ici d’imaginer la mort d’un personnage principal de l’histoire réelle, on parle carrément de dompter la mort dès le 19e siècle ! Ce n’est donc ni facile, ni évident de réussir à construire ce monde cohérent. Et pourtant, c’est à mon sens parfaitement réussi : on s’y sent, on y croit, et on réfléchit même avec l’auteur à toutes les conséquences.
… mais aussi très agréable à lire
Ce qui m’amène au point deux : on se sent « bien » dans cet univers. Pas tant au sens qu’on aimerait y vivre, mais au sens où le rythme, le style, la qualité d’écriture des personnages, tout cela conduit à ce que le livre ne fasse pas seulement réfléchir : il est agréable à lire. Apophis parlait de roman exigent, et c’est sans doute le cas si on veut bien comprendre les ramifications, et rentrer dans le jeu de l’uchronie. Mais ça n’empêche pas le roman de se lire à mon sens très facilement, et avec beaucoup de plaisir.
… et qui est vraiment de la SF
Le dernier point principal est un point que je vais assez peu mentionner pour ne pas spoiler. Disons que pendant un certain temps, on suit une histoire d’espions dans un univers alternatif, bien que similaire, s’appuyant sur un postulat un peu fou mais aux apparences crédibles. Et puis, à un moment du roman, on commence à se demander si ce n’est pas plus que cela. Pas étonnant pour une histoire d’espion avec tiroirs, évidemment. Mais bon. Je n’en dirais pas plus.
Dans l’ensemble, je ne peux que remercier Apophis de cette découverte, car on a là un très bon roman. Une uchronie d’espionnage, rythmée, jouant avec cette idée que la mort peut être domptée. C’est intelligent, c’est bien écrit, et on passe au final un moment très agréable. Je n’irais pas jusqu’à le placer pour un titre de roman SFFF de l’année – car ce n’est pas vraiment ma tasse de thé initiale -, mais c’est un vrai bon roman. Et clairement, par ailleurs, si vous aimez les uchronies, la question ne se pose même pas, au point que je me demande ce que vous faites encore là ?
Autres avis : Apophis (sur la VF et de façon plus détaillée sur la VO), Epaule d’Orion, Celindanaë
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Avaleur de Monde (Walter Jon Williams)


Hop, petite lecture surprise d’un livre pas si facile à classifier : « Avaleur de monde », de Walter Jon Williams.
Un livre peut être mal vendu…
« Avaleur de monde » est un livre sorti il y a quelques temps déjà (2009), mais que je n’avais pas eu l’occasion de croiser. Il faut dire que ce livre me semble partir avec quelques handicaps, à savoir (i) une couverture qui bien que jolie, fait surtout penser à de la Fantasy en Orient, alors que franchement ce n’est pas du tout DU TOUT ça ; (ii) un titre qui ne veut pas dire grand chose – surtout en comparaison de la couverture – et, finalement assez éloigné du titre original (Implied Spaces, soit espaces implicites, ce qui n’est pas beaucoup mieux on est d’accord).
… mais fort difficile à définir sans spoiler
Alors, du coup, « Avaleur de Monde », c’est quoi ?
Hé bien, ma foi, c’est bien difficile à décrire, surtout sans spoiler. C’est même impossible sans spoiler. Donc je vais faire la chose suivante : je vais spoiler le moins possible, mais pour ceux qui veulent éviter tout spoil, évitez le paragraphe suivant 🙂
[spoil minimal] Car donc, avaleur de monde est un roman qui démarre comme une bonne vieille Fantasy, assez sympathique à suivre d’ailleurs. Mais très vite, on découvre qu’on se trouve dans une humanité futuriste, dans laquelle il n’est plus possible de mourir – grâce à des sauvegardes gérées par de puissantes IA -, et dans laquelle l’humanité a créé des univers de poche pour s’amuser, et y vivre. Mais, malgré toute cette évolution, notre héros (Aristide de son état) va devoir faire face à une guerre à l’ampleur assez impressionnante, et tenter d’y répondre. On se trouve donc dans un roman de Fantasy / Space Opera / Cyberpunk, bref, un joli pot pourri. [/spoil]
Le roman mélange donc beaucoup de genres, de la Fantasy au Cyberpunk, en passant par le space opéra. Et la question est : est-ce que ça fonctionne ?
Dans l’ensemble, une bonne surprise
En un mot, pour moi, « plutôt oui ». Le roman se lit bien, c’est une aventure assez agréable, rythmée, et avec un certain nombre de rebondissements. C’est bien mené en un mot. Si vous voulez savoir si cela peut vous plaire, j’aurais deux points principaux je pense.
En positif, à retenir : le « sense of wonder ». Je ne peux pas en dire grand chose sans spoiler, mais le degré de réflexion du bouquin, l’ampleur de ce qui est fait, est assez impressionnant. Scientifiquement, dans son ambition, c’est au niveau des plus gros auteurs là dessus (je pense à Baxter par exemple). Vraiment vraiment intéressant dans sa réflexion sur l’univers. D’ailleurs, les personnages sont souvent confrontés à une « Crise existentielle ».
En plus réservé, j’ai trouvé que le bouquin s’essoufflait un peu dans son histoire. Bon, c’est exagéré dit comme cela, et en plus il n’est pas bien long, mais vu l’ampleur des sujets manipulés, je trouve qu’on aurait pu s’envoler encore plus sur la fin. Petit regret sur les 100 dernières pages peut être, mais je suis exigeant.
Bref, dans l’ensemble, une bonne surprise que ce roman qui n’est pas du tout ce que sa couverture laisse à penser. C’est un bon roman d’aventures se situant dans un univers assez passionnant, et surtout avec un sense of wonder comme on n’en voit que rarement. N’hésitez pas à vous lancer si vous tombez dessus, il a le potentiel pour vous faire passer un bon moment !
D’autres avis (qui m’ont donné envie de me lancer dans cette lecture !) : L’Epaule D’Orion, Apophis
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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La Maison (Blackwater III, Michael McDowell)


Blackwater. Ha ha ! Je dis à chaque fois que je ne suis pas accro, mais en attendant, je continue à les lire ces Blackwater, le III cette fois. Certes, je ne les enchaine pas. J’ai chronique le tome 1, pas le tome 2, mais quand même, il va falloir que j’arrête de me cacher ! 🙂
J’en étais donc resté à l’idée d’une petite maison dans la prairie, en version un peu plus sombre. Bon, cet épisode est un peu un tournant pour moi : je n’ai plus vraiment envie, finalement, de parler de petite maison dans la prairie. Ou alors plutôt d’un truc sombre avant tout, pour reprendre ma phrase initiale.
Car, sans spoiler l’histoire, autant on s’attache aux personnages – qu’on commence à connaître maintenant -, autant ils ont tous une vraie part sombre, et le contexte de cette petite ville commence un peu à s’assombrir quand même. Pire, on commence à comprendre pourquoi c’est une saga fantastique, ce qui fait du bien je dois le dire en passant.
Bref, je ne vais pas faire long, c’est un tome 3 sur 6, c’est court, ça se lit tout aussi bien que les précédents. Mais ça commence quand même à devenir addictif. Il se passe de plus en plus de choses. Et je commence quand même vraiment à me dire où tout ça va nous mener ! Peut être le meilleur tome pour moi jusqu’à présent donc, ce qui m’a convaincu d’acheter les trois derniers. Que je ne vais pas lire tout de suite d’ailleurs – faut que je vide ma pile avant septembre ! -, mais que je vais lire assez rapidement quand même. To be continued !
PS : un petit mot pour l’éditeur, qui fait quand même un travail remarquable entre le résumé au début, les personnages, l’arbre généalogique, et évidemment l’objet en lui même. De sacrées bonnes idées à reprendre je trouve chez les autres !
D’autres avis : Quoi de neuf sur ma pile,
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L’Enfance Attribuée (David Marusek)


L’enfance attribuée de David Marusek, ou ma lecture déprimante du jour sous la forme d’une nouvelle issue de la collection « Une Heure Lumière » (UHL) 🙂
Cette petite novella nous projette dans un monde futuriste où l’être humain semble avoir globalement tout vaincu. Vie plus ou moins infinie, plus de maladie, des distances qui ne semblent plus bien exister, et une capacité d’être plus ou moins partout grâce à une techno d’hologrammes qui semblent ma foi fort efficace. Evidemment, et par suite, plus d’enfants, histoire d’éviter la surpopulation (quand on peut vivre des milliers d’années, c’est pas pour faire des enfants tous les 30 ans).
Dans ce contexte, le titre de l’UHL suggère qu’on va parler de cet évènement extrêmement rare qu’est l’arrivée d’un enfant, et c’est pas faux. Mais à dire vrai, l’intérêt principal de l’UHL est ailleurs, et il est justement dans la description de ce monde futuriste.
Car on se retrouve finalement dans ce qui fait l’essence de la science fiction à mon sens, et dans un de ses sous-genre rois : l’anticipation. Prendre un monde actuel connu, pousser des tendances, et voir ce que ça donne. Voir dénoncer ce que ça pourrait donner, car c’est bien ce qui se passe ici.
Le monde décrit par l’auteur est en effet réaliste, passionnant, et vraiment intéressant. Quelque part, c’est une vraie utopie qui est décrite, avec cette conquête de la mort, et cette vie plein de liberté. Et en même temps… C’est une utopie sacrément déprimante…
Au final, c’est un épisode de Black Mirror que propose cet UHL. Un monde futuriste, décrit par le biais de la vie d’un personnage principal. Un monde utopiste, qui a conquis la mort. Mais aussi un monde Kafkaïen et qui, franchement, m’a déprimé. C’est bien fait, c’est intéressant. Ce n’est pas démentiel car on ne s’attache pas tant que ça aux personnages – toujours difficile sur ces formats courts -, mais c’est une belle nouvelle pour ceux qui aiment l’anticipation.
Autres avis : Les lectures du Maki, Navigatrice de l’Imaginaire, Apophis, Le Chien Critique, Au Pays des Caves Trolls, Nevertwhere, Just a Word
Lecture suivante : BlackWater III
Lecture précédente : La Guerre des Marionnettes
Lu dans le cadre du challenge #S4F3

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La Guerre des Marionnettes (Adam Troy Castro)


La Guerre des Marionnettes, d’Adam Troy Castro, tome 3 des aventures d’Andréa Cort. C’est marrant parce que, après avoir lu le tome 1, je n’ai pas souvenir d’avoir été si convaincu que cela. Il faut avouer que j’ai une mémoire catastrophique. Mais, en gros, je me souviens d’un livre sympa, que j’avais apprécié mais bon, sans plus. D’ailleurs, je ne me suis pas du tout jeté sur le 2, que je n’ai acheté que récemment- mais que j’ai fort apprécié, déjà. Et puis finalement.
Lisez ce cycle !
Et puis finalement, c’est super bien, et le 3 amplifie encore cette impression !
Je ne vais pas résumer quoique ce soit, c’est un tome 3. Si vous avez lu les deux premiers, vous savez déjà. Sinon, lisez le premier !
Non, ce que je vais essayer d’écrire, c’est pourquoi j’ai trouvé ça super bien.
Parce qu’en fait, les histoires d’Andréa Cort – notre héroïne -, ce sont des histoires qui semblent assez classiques. Sur le fond, on parle d’une enquêtrice très douée, qui se promène dans un univers peuplé de pas mal d’espèces différentes – les humains ne sont qu’une petite partie -. Et qui a vocation à résoudre des énigmes. Sauf que :
- « un univers peuplé de pas mal d’espèces différentes » : quelle formulation pourrie pour un des vrais atouts du livre ! Car on se retrouve, peu à peu, plongé dans des enjeux entre espèces. Et en particulier – c’est le fil rouge du cycle – dans les enjeux d’IA mystérieuses mais surpuissantes. L’univers, le word building, est vraiment passionnant.
- « une enquêtrice très douée » : là aussi, doux euphémisme, car l’évolution de l’héroïne justement est un véritable atout du cycle. On passe de quelqu’un de dur et torturé à quelqu’un de dur et torturé, mais de façon nettement plus profonde. Oui, c’est mal décrit, mais sachez que l’évolution du personnage est vraiment très intéressante, et globalement je trouve que l’auteur est très bon dans sa façon de construire des personnages intéressants, même tout à fait extraterrestres.
Au final, je peux faire le lien avec ma première impression. Le cycle d’Andréa Cort est un cycle de space opéra classique dans sa construction. Ce qui explique mon impression d’un tome 1 « sympa mais sans plus ». Mais ce qui est vraiment réussi à mon sens, c’est son développement. A mesure qu’on avance dans les tomes, l’univers se densifie, les personnages se complexifient, et on s’attache à tout ça. Et comme en plus, ce qui n’enlève rien, le style et le rythme en font un livre extrêmement facile et agréable à lire, et que le word building est vraiment de qualité… Hé bien, je n’ai qu’une envie désormais, c’est qu’une suite sorte et, cette fois, il est certain que je la lirai très rapidement 🙂
One last thing
Deux petits mots post-conclusion pour vraiment conclure.
D’abord sur la nouvelle initiale (le volume contient deux nouvelles, et le roman à proprement parler). Nouvelle sans Andrea Cort, mais que j’ai trouvé assez bouleversante. C’est là qu’on voit vraiment je trouve que c’est un véritable univers que l’auteur s’attache à construire, et qu’il va au delà de son héroïne principale. Je ne sais pas où tout cela va aller, mais l’ambition est belle, et à travers de ce type de nouvelles, sacrément réussie.
Ensuite sur l’éditeur, ou l’auteur, ou je ne sais pas : cette idée de remettre une liste des personnages au début de l’histoire est vraiment super. Je râle assez quand ce n’est pas le cas – notamment dans les grands cycles de Fantasy – pour ne pas le signaler à chaque fois que je peux l’apprécier. Bravo, et merci !
Beaucoup d’autres avis : le Culte d’Apophis, L’Epaule d’Orion, Quoi de Neuf sur ma Pile, Les Lectures du Maki, Au Pays des Caves Trolls, De l’Autre côté des livres,
Lecture précédente : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie
Lecture suivante : L’Enfance Attribuée
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie (Karim Berrouka)


Voici un excellent livre que, en toute franchise, je regrette un peu d’avoir lu maintenant (par opposition à : à un autre moment).
Bonne nouvelle : pas besoin d’un résumé !
Bon, en termes de résumé, c’est facile : le titre dit tout. Il s’agit d’une histoire, un peu déjantée il faut en convenir, dans lequel l’apocalypse zombie a eu lieu. Mais, grâce à un concours de circonstances peut être pas si fortuit, un club de punks en réchappe, et on va donc avoir le plaisir de suivre leurs différentes pérégrinations dans ce nouveau monde, à la recherche d’un idéal d’anarchie.
Un vrai livre punk, déjanté et détendant
Et ce livre est exactement ça : déjanté, assez barré, mais franchement marrant et agréable à lire. L’histoire, de plus, se déroule dans Paris, ce qui est l’occasion de croiser quelques figures de la vie actuelle, et ça n’en est que plus jouissif. Bon, à titre « accessoire », c’est un vrai livre punk, au sens où les idéaux véhiculés ne sont pas extraordinairement compatibles avec une vision capitaliste positive du monde d’aujourd’hui. Âmes sensibles de ce point de vue, abstenez vous, mais apprenez aussi à prendre du recul car ça fait pas bien mal, tout ça est plus ou moins du second degré de toute façon, et donc ça fait surtout du bien 🙂
Bref, un bon livre, un ovni pour moi, ce qui fait que je n’ai finalement pas tant de choses à en dire que ça. Sauf peut être expliquer pourquoi je pense que je n’aurais pas du le lire maintenant : tout simplement parce que, en ce moment, je croule sous la chaleur, je suis en plein trip space opéra, et que le décalage est un peu violent. Je pense que ce livre s’apprécierait beaucoup plus sans cette chaleur, avec un bon fond musical adéquat, et sans qu’il ne constitue un ovni aussi important par rapport à mes lectures habituelles.
Rien de bien grave donc, n’hésitez pas à vous lancer dans ce délire à mon avis, choisissez juste le bon moment 🙂
D’autres avis : Au Pays des Caves Trolls, L’Ours Inculte, Le Chien Critique, Ombrebones
Lecture précédente : Dark Run
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Dark Run (Mike Brooks)


Au tour de Dark Run, de Mike Brooks ! Bon, avant-hier, j’ai lu BlackWater 2, mais je crois que je ne vais pas créer de billet pour autant. Essentiellement, c’est la suite du premier tome, et j’ai envie d’en dire un peu la même chose : pas vraiment plus de fantastique (encore ?), une sorte de petite maison dans la prairie en plus sombre 🙂 Je lirais le 3 (et d’ailleurs, la chronique est ici !), sans être accro encore pour le moment !
Une lecture sans aucune attente…
Par contre, hier, j’ai lu un nouveau space opéra qui m’a bien fait rigoler (dans le bon sens) : Dark Run, de Mike Brooks.
Mike Brooks est un auteur que je n’avais jamais croisé, ni entendu parler à dire vrai. J’ai pris ce livre au pif lors d’un passage en librairie – plus facile de craquer en livre de poche sur de l’inconnu -. Donc : aucune attente.
Et finalement : c’était bien sympa ! Bien classique sans doute, mais surtout bien sympa !
… de space opéra dans un monde futuriste violent
On se retrouve dans un monde futuriste où la galaxie – une partie en tout cas – a été colonisée par l’homme. De façon assez réaliste je trouve – au moins au sens où les comportements semblent « contemporains » -, c’est politiquement… compliqué ! Des superpuissances un peu dans tous les sens, des gangs – y compris d’anciens – qui se tapent dessus. Bref, un monde dur, loin de l’élégance de la Culture par exemple.
Dans ce monde dur, on va suivre un équipage de vaisseau, et surtout un capitaine (« Ichabod Drift »). Contacté par un ancien commanditaire, ce dernier se trouve affublé d’une mission dont il ne peut pas parler à son équipage, mais qui pourrait s’avérer bien dangereuse.
Un Space Opéra bourré d’action…
Ok, j’ai encore fait pourri avec le résumé. Enfin, on va dire pudiquement « court ». Mais je peux vous dire à quoi vous attendre, ce qui est peut être plus intéressant. C’est facile, ça tient en un mot : de l’action.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Cet équipage, ce capitaine, ce ne sont pas des rigolos, et dans ce monde dur, il faut être dur pour survivre. Chacun a son histoire, son passé, qu’il est d’usage de garder secret, mais ce ne sont pas des tendres. Et les suivre revient donc à suivre un film d’action de près.
Le rythme est donc très prenant, c’est un page turner très efficace, et il ne faut pas avoir peur d’un peu de violence par ci par là.
… mais pas seulement
Mais je serais cruel de limiter ce livre à ça, car c’est à dire vrai, plus que ça.
D’une part, parce que l’équipage, bien que constitué de gros durs (presque entièrement), est vraiment attachant. Ce n’est pas de la science fiction « humaniste », mais pour autant le développement des personnages est intéressant, et prometteur.
D’autre part parce que, l’air de rien, ce monde un peu dur, compliqué, présente un vrai potentiel en termes d’intrigue. Et sa présentation, le fait de voir les personnages évoluer, est un vrai intérêt.
Par contre, une ambition scientifique modérée
Bon, à l’inverse, ce n’est pas que de l’action, mais ce n’est pas bien scientifique tout ça. Ce n’est pas bien grave, ce n’est pas l’objet, mais ça vaut le coup de le mentionner : pas grande ambition scientifique, ou de présenter un monde avec des gadgets particulièrement marrants.
Au final, voilà un bouquin qui est clairement fait pour se détendre. On est dans le space opéra d’action, page turner, fait pour se lire vite. Mais on a aussi droit à des personnages intéressants, et à un univers politiquement prometteur, et déjà intéressant. Alors, ça va pas réinventer le space opéra, mais c’est bien fait, et je trouve qu’il ne faut pas bouder son plaisir. Donc, sans attente, si vous n’avez pas peur d’un peu d’action, n’hésitez pas à vous y plonger !
Points forts :
- l’action…
- mais aussi les personnages,
- et l’univers
Points faibles :
- Ne va pas révolutionner le genre
- Pas vraiment de contenu scientifique, ou de sense of wonder
Si vous avez aimé :
- Marrant, j’en ai lu d’autres de ce type, mais tout ce qui me vient là tout de suite c’est ColonySide ou PlanetSide de Michael Mammy, mais sorti uniquement en anglais.
D’autres avis : Sometimes a Book, De Livres en Livres, Au Pays des Caves Trolls, Le Syndrome Quickson
Lecture précédente : Les Oubliés de l’Amas, de Florence Soulas
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Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Les Oubliés de l’Amas (Floriane Soulas)


Les Oubliés de l’Amas. Voici un livre qui n’a pas commencé sous les meilleurs auspices, pour une raison absolument non valable : le premier de couverture indique que l’autrice est née en 1989, et je me suis dit que c’était honteusement plus jeune que moi 🙂
Blague mise à part, j’avais ce livre depuis quelques temps dans ma PAL, avec à la fois une vraie curiosité – l’autrice est souvent mise en avant – et bien peu d’attentes pour autant – je ne crois pas avoir lu d’avis sur ce livre avant, donc je ne savais pas du tout à quoi m’en tenir -.
Un Space Opéra… dans le système solaire
On se retrouve donc au 28e siècle, dans un système solaire conquis par l’humanité. Entièrement ? Non, car une « petite » planète continue à résister à l’envahisseur : Jupiter, dont les vents violents (notamment) empêchent toute incursion. Ce système solaire est cependant a priori assez inégalitaire, et on va surtout suivre le destin de Kat, réfugiée sur « l’amas », sorte de conglomérat de vaisseaux en orbite autour de Jupiter qui constitue un habitat de fortune pour toutes sortes de réfugiés – et même de prisonniers. Mais Kat n’est pas ici par hasard : elle est là pour retrouver son frère jumeau, Pavel, dont elle a des raisons de croire que (i) il est en danger ; (ii) il a tenté de descendre sur Jupiter.
Une première approche indécise…
Je dois avouer qu’au cours des premières dizaines de page, j’ai été un peu circonspect. Rien à voir avec le style, les personnages, l’histoire… Non, juste un truc qui me chiffonnait : l’année, le contexte. On est quasiment en 2800, et je trouvais que cela ne se « sentait » pas. Technologiquement, ou en termes de contexte technologique global. Disons, pour le dire autrement, que je me sentais très bien dans ce livre, mais presque « comme à la maison », et que je me suis soudain dit (précisément : au moment où le personnage principal reçoit un mail) : c’est dommage. Pourquoi préciser l’année (ce qui incite à réfléchir à la façon dont on se projette à cet horizon) si c’est finalement pour ne pas l’utiliser ? En pratique, cela tient à peu près la route – quelques explications justifient la situation – et, surtout je pense, là n’est pas l’essentiel.
… mais vite démentie
Car ce n’est en fait pas très important. Et je suis très vite passé à autre chose parce que, il est temps de le dire : j’ai vraiment bien aimé ce livre ! Et très vite, je me suis laissé accrocher par l’histoire, et surtout par les personnages. L’autrice fait le choix de ne développer que quelques personnages, mais en échange, ces derniers sont particulièrement attachants. Kat en effet est un personnage fort sympathique, et on est accrochés par sa quête vers son frère jumeau. Le rythme est soutenu, l’action est présente, le suspens aussi. Globalement, je crois qu’on peut clairement dire qu’on est dans un page turner de qualité.
Après, il ne faut pas prendre ce livre pour ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas un livre plein de Sense of Wonder à la Baxter, ou autres auteurs qui essayent d’imaginer des contextes assez fous. Ici, c’est de la science fiction humaine, où l’intérêt est avant tout de suivre le personnage. Quelque part, il y a un côté science fiction à l’ancienne d’ailleurs, mais avec une vraie place pour les personnages féminins 🙂 Pour autant, c’est clairement de la science fiction, avec plein de bonnes idées !
Au moment de fermer ce livre, le sentiment qui prédomine est simple : j’ai passé un très bon moment. Le livre est très agréable à lire, le rythme très prenant, et les personnages attachants. Il faut seulement garder en tête qu’on est plutôt ici dans le cadre d’un space opéra que je qualifierais « d’humain », voire d’ailleurs quasiment (c’est assez fou dis comme ça) de huis clos. Il y a du sense of wonder, mais pas tant que ça finalement. On est vraiment plutôt axé sur les personnages, même s’il y a une vrai dose d’innovation techno – et de rencontres « extra terrestres ». Un très bon moment donc, et on n’est pas loin du coup de coeur ! Un seul message ceci dit pour conclure pour l’autrice : pourquoi être aussi cruelle ? 🙂
D’autres avis : Le Syndrome Quickson,
Points positifs :
- Une belle histoire prenante et rythmée…
- … par une autrice qui n’a pas peur qu’il arrive des choses à ses personnages principaux !
- Un space opéra dans le système solaire, c’est rare
Points négatifs :
- faut me comprendre, je viens de la hard SF moi, et de ce point de vue là : manque peut être un peu de sense of wonder. Ce qui est sans doute lié au fait que (i) c’est un one shot (i.e. pas d’envie de développer ce qui se passe politiquement, ou technologiquement, ailleurs) ; (ii) on est limité au système solaire.
Lecture précédente : Sur la Route d’Aldébaran, d’Adrian Tchaikovski
Lecture suivante : Dark Run, de Mike Brooks
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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Sur la Route d’Aldébaran (Adrian Tchaikovski)


Et nous voici partis sur la route d’Aldebaran !
Avec une petite lecture que, malgré les apparences, j’ai tout à fait envie de qualifier de sympathique 🙂
Une histoire d’exploration de labyrinthe extraterrestre
Adrian Tchaikovski est un écrivain assez prolifique désormais. Personnellement, je l’ai surtout apprécié dans son cycle de la Toile du Temps. Ici, on le retrouve dans une forme courte, type novella, au sein de la collection Une Heure Lumière (UHL).
Comme tous les UHL, il a déjà été maintes fois chroniqué (la popularité de cette collection est quand même impressionnante), donc je n’ai pas grand chose à dire sur le contexte, ou le fond, qui n’ait pas déjà été bien mieux dit ailleurs. Donc je vais vous mettre les liens qui vont bien, faire court, et surtout axer sur ce qui m’a marqué – ou surpris par rapport à ce que j’avais déjà lu.
L’idée de la novella est de suivre un spationaute Danois, envoyé en exploration sur quelque chose d’assez bizarre. Une sorte de gros caillou qui présente, quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, le visage d’une grenouille (d’où son surnom, le « Dieu Grenouille »). Autre caractéristique : il semble encombré de tunnels, et a été découvert aux confins du système solaire, en lieu et place de cette célèbre potentielle « neuvième planète ». On suit donc Gary Rendell, Danois de son état, et engagé dans une sorte de monologue pendant son exploration des tunnels.
Une novella pleine de qualités !
Comme souvent, mes résumés ne donnent pas envie de lire le livre 🙂 Donc je vais essayer de vous expliquer surtout pourquoi je trouve qu’au contraire, ce livre est super sympa !
Le ton d’abord
On parle souvent de novella d’horreur je trouve, alors qu’en réalité… Hé bien, pas tant que ça ! Je trouve que le narrateur a un petit côté Assassynth pour ceux qui connaissent, c’est à dire celui d’un narrateur avec un regard très caustique sur ce qui l’entoure, mais ce qui donne une forme de recul assez sympathique finalement. Je ne suis pas sûr que notre ami Gary soit complètement sain d’esprit, mais je le trouve finalement assez marrant, et sa façon de raconter les faits est à la fois facile à suivre, agréable à lire, et plutôt marrante.
L’histoire en elle-même, et en particulier la faune extraterrestre croisée
Ce Dieu-Grenouille est un lieu hors de tout, peuplé de différentes créatures mais aussi d’autres surprises. L’exploration révèle donc beaucoup de surprises, et on ne peut qu’apprécier l’imagination de l’auteur. Encore une fois, c’est une novella, donc rien n’est véritablement développé, mais c’est quand même super intéressant. Rien d’étonnant quand on lit certaines – pas toutes – productions passés de l’auteur, mais c’est quand même super sympa.
Les multiples références
Pas possible de ne pas citer les multiples références à la culture Geek, SF. Je trouve qu’on est parfois à la limite du livre adapté par Spielberg, Ready Player One. Le narrateur nous parle de beaucoup de choses qu’on connait, d’Alien au Capitaine Kirk, en passant par beaucoup d’autres références SF – et encore, j’ai dû en rater. Cela rentre un peu dans la catégorie du ton décalé du narrateur, mais sur ce format court c’est très agréable. Il a même sans doute un jeu à faire autour du fait de trouver toutes les références.
Bref, c’est une novella, donc aucune raison de faire long. Lecture très recommandable à mon avis, très agréable. Entre Ready Player One pour les références, le journal d’un Assassynth pour le ton du narrateur, et puis tout un pan d’autres chose pour l’histoire en elle même. Et surtout, puisque c’est ce qui m’avait fait hésiter au début : franchement, ce n’est pas de l’horreur. C’est un peu gore, mais c’est dit avec tellement de détachement que ça passe tout seul, donc allez y sans hésiter ! A la fin, il ne me reste qu’une question à laquelle je n’ai pas cherché de réponse : l’auteur va t’il se servir de cet univers pour nous en dire plus ?
Lecture précédente : BlackWater tome 1, La Crue, Michael McDowell
Lecture suivante : Les Oubliés de l’Amas, Florence Soulas
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars et #S4FS
D’autres avis (souvent plus éclairés !) : Culte d’Apophis, Au Pays des Caves Trolls, Les Chroniques du Chroniqueur, Lianne, Just A Word, Outrelivres, L’Epaule d’Orion, Un Papillon dans la Lune, Ombrebones


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Sur la Route d’Aldébéran (Adrian Tchaikovski)


Hop, voici une petite lecture que, malgré les apparences, j’ai tout à fait envie de qualifier de sympathique 🙂
Adrian Tchaikovski est un écrivain assez prolifique désormais, que j’ai personnellement surtout apprécié dans son cycle de la Toile du Temps). Ici, ils est oublié dans une forme courte, type novella, au sein de la collection Une Heure Lumière (UHL).
Comme tous les UHL, il a déjà été maintes fois chroniqué (la popularité de cette collection est quand même impressionnante), donc je n’ai pas grand chose à dire sur le contexte, où le fond, qui n’ait pas déjà été bien mieux dit ailleurs. Donc je vais vous mettre les liens qui vont bien, faire court, et surtout axer sur ce qui m’a marqué – ou surpris par rapport à ce que j’avais déjà lu.
L’idée de la novella est de suivre un spationaute Danois, envoyé en exploration sur quelque chose d’assez bizarre. Une sorte de gros cailloux qui présente, quel que soit l’angle sous lequel on le regarde, le visage d’une grenouille (d’où son surnom, le « Dieu Grenouille »), et qui semble encombré de tunnels, et qui a été découvert aux confins du système solaire, en lieu et place de cette célèbre potentielle « neuvième planète ». On suit donc Gary Rendell, engagé dans une sorte de monologue pendant son exploration des tunnels.
Comme souvent, mes résumés ne donnent pas envie de lire le livre 🙂 Donc je vais essayer de vous expliquer surtout pourquoi je trouve qu’au contraire, ce livre est super sympa !
Le ton d’abord. On parle souvent de novella d’horreur je trouve, alors qu’en réalité… Hé bien, pas tant que ça ! Je trouve que le narrateur a un petit côté Assassynth pour ceux qui connaissent, c’est à dire celui d’un narrateur avec un regard très caustique sur ce qui l’entoure, mais ce qui donne une forme de recul assez sympathique finalement. Je ne suis pas sûr que notre ami Gary soit complètement sain d’esprit, mais je le trouve finalement assez marrant, et sa façon de raconter les faits est à la fois facile à suivre, agréable à lire, et plutôt marrante.
L’histoire en elle même, et en particulier la faune extraterrestre croisée. Ce Dieu-Grenouille est un lieu hors de tout, peuplé de différentes créatures mais aussi d’autres surprises. L’exploration révèle donc beaucoup de surprises, et on ne peut qu’apprécier l’imagination de l’auteur. Encore une fois, c’est une novella, donc rien n’est véritablement développé, mais c’est quand même super intéressant. Rien d’étonnant quand on lit certaines productions passés de l’auteur, mais c’est quand même super sympa.
Les multiples références. Pas possible de ne pas citer les multiples références à la culture Geek, SF. Je trouve qu’on est parfois à la limite du livre adapté par Spielberg, Ready Player One. Le narrateur nous parle de beaucoup de choses qu’on connait, d’Alien au Capitaine Kirk, en passant par beaucoup d’autres références SF – et encore, j’ai du en rater. Cela rentre un peu dans la catégorie du ton décalé du narrateur, mais sur ce format court c’est très agréable, et il y a sans doute un jeu à faire autour du fait de trouver toutes les références.
Bref, c’est une novella, donc aucune raison de faire long. Lecture très recommandable à mon avis, très agréable, entre Ready Player One pour les références, le journal d’un Assassynth pour le ton du narrateur, et puis tout un pan d’autres chose pour l’histoire en elle même. Et surtout, puisque c’est ce qui m’avait fait hésiter au début : franchement, ce n’est pas de l’horreur. C’est un peu gore, mais c’est dit avec tellement de détachement que ça passe tout seul, donc allez y sans hésiter ! A la fin, il ne me reste qu’une question à laquelle je n’ai pas cherché de réponse : l’auteur va t’il se servir de cet univers pour nous en dire plus ?
Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars et #S4FS
D’autres avis (souvent plus éclairés !) : Culte d’Apophis, Au Pays des Caves Trolls, Les Chroniques du Chroniqueur, Lianne, Just A Word, Outrelivres, L’Epaule d’Orion, Un Papillon dans la Lune, Ombrebones

