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  • Pyramides (Romain Benassaya)

    Extrait de la couverture de Pyramides, de Romain Benassaya

    Pyramides est un space opéra de Romain Benassaya, et aussi mon premier livre de l’auteur. Et franchement, c’est une sacrée réussite !

    L’histoire d’un Mystère

    Pyramides démarre en 2182. Un vaisseau de colons (pas si grand ceci dit, un peu moins de 2000) quitte la Terre pour s’installer sur une nouvelle planète. Pour cela, si la technologie permet de se déplacer vite, elle requiert malgré tout une mise en hibernation. Une sorte de « petite mort ». Seul petit hic : au réveil, les colons découvrent qu’ils ne sont pas arrivés. Du tout. Leur vaisseau semble posé, dans un endroit sombre. Et, pire, il semblerait que les 200 ans de biostase prévus aient en réalité duré bien plus longtemps…

    Un page turner de qualité

    Cette idée de biostase, de mystère, de futur, pourrait tout à fait ouvrir la porte à de la hard science. Quelque part, le pitch pourrait ouvrir à un potentiel de livre de type « La Millième Nuit » d’Alaistair Reynolds.

    Ce n’est pas le cas ici. Mais franchement, pour moi qui aime ça, ce n’est pas un problème. Car ce livre a bien d’autres qualités, et notamment une : il fait passer un sacré bon moment !

    Pour cela, trois ingrédients principaux à mon sens : une bonne histoire, un bon rythme, des personnages attachants.

    Une bonne histoire…

    L’histoire en elle même, sans s’aventurer côté hard SF, est une histoire qui se suit avec beaucoup d’intérêt, et d’envie d’en savoir plus. Là où l’auteur est fort, c’est qu’il ne se contente pas de traiter d’un mystère spatial, fut il intéressant. Le propos est plus large : que feraient 1500 humains livrés à eux mêmes dans un temps et un univers inconnu et hostile ? La création de la société, ses tensions, ses jeux politiques, animent véritablement le livres, et lui donnent une portée qui va au delà de celle attendue.

    … des personnages attachants…

    Côté personnages, on est sur quelque chose d’assez restreint On suit quelques personnages bien choisis. Mais c’est une bonne chose. ça contribue à rendre le livre assez simple à suivre, mais surtout ça contribue à l’attachement que l’on peut ressentir pour eux. Les personnages sont bien campés, bien décrits, agréables. Là aussi, une réussite.

    … et un rythme enlevé

    Enfin, il y a le rythme. 122 chapitres. 7 grandes parties au livre. Peu de personnages principaux, et une histoire qui sait où elle va. Tout cela contribue à rendre le livre vraiment très agréable, avec pour contrepartie claire et bien chère de rendre difficile l’arrêt.

    Et au final…

    Hé bien, au final, je dois dire que lire ce livre m’a replongé en enfance. Dans ma première lecture de Rama et ses suites pour être précis. C’est simple, c’est enlevé, c’est passionnant, c’est attachant. Certes, ça peut manquer un peu de profondeur scientifique mais, quand ça fait du bien, pourquoi se priver ? Sacrée découverte pour moi que ce livre et cet auteur finalement, qui va clairement appeler à de nouvelles rencontres. Un seul conseil à mon avis : pas sûr du titre (pyramides), même si j’en comprends la raison. Mais ça ne change rien : si vous tombez dessus, lisez-le 🙂

    D’autres avis : Xapur, Les lectures du Maki (qui est sur la 4e de couverture, la classe !), le Chien Critique, Au Pays des Caves Trolls

    Lecture précédente : Un Psaume pour les Recyclés Sauvages, de Becky Chambers

    Lecture suivante : Composite, d’Olivier Paquet

    Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

    Image du challenge SummerStarWars
  • Un Psaume pour Les Recyclés Sauvages (Becky Chambers)

    Extrait de la couverture de Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers

    Un Psaume pour les Recyclés Sauvages est un livre formidable. Enfin, c’est un livre de Becky Chambers. Et pourtant, cela fait deux jours que je l’ai lu, et je manque d’inspiration pour vous en parler.

    Un gros doudou

    Je ne sais pas pour vous, mais je vois Becky Chambers comme une sorte de gros doudou. Elle écrit des livres de science fiction – plutôt space opéra jusqu’à présent, ici plutôt de l’anticipation à mon sens. Il s’y passe des choses, souvent tout à fait intéressantes, mais le sentiment qui prédomine en lisant son oeuvre c’est souvent, avant tout, une forme de bien être. Une sorte d’atmosphère un peu tranquille, et bienveillante. Un peu comme un gros doudou.

    Une forme d’utopie

    Donc, on se retrouve ici avec une nouvelle histoire du soir, qui commence par une disparition. Oh, pas une bien méchante : les robots, une fois la conscience acquise, quittent les usines, et laissent l’humanité livrée à elle même. Comme on est dans du Becky Chambers cependant, les choses se déroulent (ou du moins finissent par se dérouler) a priori plutôt bien. On retrouve donc, un certain temps plus tard, une société en apparence apaisée, dans laquelle l’homme vit en synergie avec sa nature. Et où on va suivre Dex, qui se pose des questions sur le sens de sa vie. Et entame ce qu’il convient bien d’appeler un voyage initiatique.

    Ce qui compte, c’est le chemin

    Comme toujours avec Becky Chambers, le style est fluide, mais onirique quelque part. Ici, Dex est un personnage attachant par son humanité. Tout comme Omphale, robot qu’il va rencontrer sur la route, et qui se trouve également être très attachant. Ce voyage qu’ils vont nous proposer, ce morceau de vie, est avant tout un moment de réflexion, presque de contemplation. Une recherche du sens de la vie, sans céder à la tentation de répondre 42.

    En synthèse…

    Au final, je vais surprendre. Un Psaume pour les Recyclés Sauvages est un livre de Becky Chambers. Donc, c’est beau comme du Becky Chambers. A titre personnel, cette fois, j’ai beaucoup aimé, mais j’avais été plus conquis par ses précédents romans, notamment de space opéra, sans doute parce que j’aime particulièrement l’espace. Le format est ici court (mais plutôt cher quand même, quand on compare à un UHL), ce qui n’est pas l’idéal je pense. Mais dans tous les cas, ça reste un gros doudou. Et qui est quand même dédié « à ceux qui ont besoin de souffler ». Ce qui dit tout 🙂

    Autres avis sur le blog : Ombrebones, Le Nocher des Livres,

    Lecture précédente : La Lumière lointaine des étoiles, de Laura Lem

    Lecture suivante : Pyramides, de Romain Benassaya

  • La Lumière lointaine des étoiles (Laura Lam)

    Extrait de la couverture de la Lumière Lointaine des Etoiles, de Laura Lam

    Une sacrée bonne surprise que cette « Lumière Lointaine des Etoiles », de Laura Lem !

    Je dois avouer qu’en demandant ce SP aux éditions ActuSF, j’étais avant tout intrigué. Intrigué car je ne connaissais pas l’autrice, car j’avais lu ce livre décrit comme un space opéra féministe (sous-genre que je ne connais pas). Et puis car l’histoire avait l’air sympa !

    Je m’y suis donc lancé sans a priori, avec un enthousiasme de bon aloi, comme chaque fois que j’entame un bon livre, mais sans attentes.

    Voyage spatial dans un futur proche

    « La lumière lointaine des étoiles » prend place dans un futur proche. Un futur dans laquelle la Terre est de plus en plus condamnée, sans pour autant que des actions concrètes ne soient entreprises. Un monde dans lequel, peu à peu, la place des femmes s’est réduite sous l’autorité de gouvernements de plus en plus conservateurs. Un monde dans lequel, pourtant, on a découvert un moyen de voyager dans des systèmes solaires proches.

    L’histoire commence alors que 5 femmes s’emparent d’une navette spatiale pour partir vers la planète « Cavendish », exoplanète qu’il leur faudra une année pour rejoindre. Ces 5 femmes prennent alors une revanche sur la société – les femmes ne sont plus autorisées à voler -, mais espèrent surtout inspirer un changement, un renouveau, pour la société.

    Un livre passionnant…

    Ce livre est véritablement passionnant, par beaucoup d’aspect. On se retrouve en effet plongé dans un monde qui n’est franchement pas bien éloigné du notre. Suffisamment pour offrir à l’autrice une liberté totale sur les évènements, mais suffisamment proche en même temps pour qu’on sente une familiarité, et une remise en question. Même si ce n’est pas représentatif, je ne résiste ainsi pas à l’envie de vous mettre ce petit extrait, qui montre bien le lien avec ce futur proche :

    Tout le monde s’était habitué à donner des ordres aux robots dotés d’agréables voix féminines. Alexa, Siri, Sophia, Sage, tu peux faire ça. Un guilleret « okay » pour toute réponse, et elle accomplissait vos ordres. Tout le monde l’avait fait pendant des années jusqu’à ce que les femmes remarquent que les hommes de leur vie avaient été conditionnés à en faire autant avec elles. Mais il était alors trop tard.

    {…} Elle aussi avait été conditionnée.

    Bon, cet extrait est bien choisi car on y voit le lien avec le présent. Mais mal choisi car il donne l’impression que l’autrice mène un combat féministe de tout instant. Ce n’est pas le cas. La société décrite est une société futuriste dans laquelle les hommes ont évincé les femmes. Mais ce n’est pas véritablement le propos principal, la toile de fond de désastre écologique prenant le pas. C’est juste… une société possible, comme le confirment du reste certaines prédictions du livre (révocation de Roe vs Wade) qui se sont avérées exactes depuis l’écriture.

    Livre passionnant donc par son lien avec le présent, mais également par sa réflexion sur le futur. Les 5 passagères partent en imaginant aider à construire un monde meilleur, et ont tout le loisir de développer leur utopie. Le fond du livre, le but du livre, est d’ailleurs celui-là je pense : pousser à réfléchir à notre société, et à ce que pourrait être un autre monde (sans chanter).

    … mais avant tout attachant

    L’histoire, la toile de fond, l’intrigue sont donc autant d’éléments qui rendent ce livre intéressant. Mais le résumer à cela serait, je crois, rater l’essentiel de ce qui fait son charme : les personnages. En particulier le personnage principal, Naomi, fille adoptive de l’instigatrice du vol de navette, mais pas uniquement. Le livre multiplie les allers-retours entre présent et passé, nous amenant à bien connaître Naomi, sa mère, et son environnement. Et à véritablement s’attacher à elle. Il n’est pas si facile de camper des personnages humains dans un univers futuriste intéressant. C’est pourtant absolument ce que réussit à faire l’autrice ici. Les personnages sont beaux, intéressants, réfléchis, et c’est par leurs yeux que le roman se vit véritablement, et que la réflexion que propose l’autrice prend tout son sens.

    Et finalement…

    J’ai vraiment été très séduit par cette « Lumière Lointaine des Etoiles ». Et je crois savoir pourquoi : il est profondément humain. En imaginant ce futur proche possible, et en confiant sa mise en scène à des personnages attachants et complexes, l’autrice offre une vraie occasion de remise en question de notre société et de nos valeurs. Le tout avec un faux air de ne pas y toucher, dans un style rythmé, agréable, et facile à lire. Ici, on n’est pas dans le Sense of Wonder, et ses ébouriffantes théories ou situations (Alaistair Reynolds, pour le plus récent). On est dans le space opéra humain, et dans un thriller écologique, dans l’espace, qui vous tiendra en haleine jusqu’à sa dernière ligne. Plus proche d’un Becky Chambers presque (presque !) par ce côté humain. Ce qui tombe bien, c’est une de mes deux prochaines lectures 🙂

    Autres avis :

    Lecture précédente : Unity, d’Elly Bangs

    Lecture suivante :

    Une interview de l’autrice sur le site ActuSF que j’ai trouvé très intéressante (peut être plutôt à lire après coup)

    Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

    Image du challenge SummerStarWars
  • Unity (Elly Bangs)

    Extrait de la couverture de Unity, d'Elly Bangs

    Comment ne pas lire Unity après les critiques extraordinaires d’Apophis sur le sujet, depuis au moins une année ? Ce n’est pas possible. Et comme Albin Michel Imaginaires a eu la grande gentillesse de m’envoyer un SP, j’ai même pu m’y lancer avant sa sortie. Et, spoiler : j’ai bien aimé ! Même si…

    Apocalypse Now, again, and again

    Unity se situe dans un avenir pas si lointain que cela, même si je n’ai pas souvenir d’avoir vu une date précise. L’univers dans son ensemble est intéressant, et constitue un contexte important : suite à plusieurs apocalypses, les empires et pays connus ont globalement disparus, et les habitants se sont assez largement réfugiés sous l’Océan. Malgré tous ces évènements, c’est toujours la guerre, plus ou moins froide, qui domine, et on se retrouve, au début de l’histoire, sur un nouveau (énième) point de rupture. Deux blocs s’affrontent, et se menacent. Seule différence : il ne s’agit plus vraiment de s’envoyer des bombes à la figure, mais des nano machines qui annihilent toute matière en se propageant (et qui sont joliment appelées « gris »). Quelque chose que j’aurais envie d’appeler « la bouillie finale » 🙂

    On serait pas plusieurs dans ma tête ?

    Dans cet univers on retrouve Danaë. Danaë est… à part. Comme dirait la 4e de couverture (particulièrement bien faite je trouve d’ailleurs) : « Elle a trouvé le moyen de compiler en elle d’autres existences que la sienne, douze mille ans d’expériences humaines diverses ». Et dans ce monde au bord d’une nouvelle apocalypse, cette caractéristique – unique – lui donne, forcément, une destinée hors du commun. C’est Danaë qui fait l’histoire ici. C’est elle que nous suivons. Et le livre vise essentiellement à répondre à deux question (i) que lui est-il arrivé ? ; (ii) qu’est ce que cette caractéristique peut bien vouloir dire pour l’espèce humaine ?

    Un style à part…

    Fondamentalement, et très largement, ce livre est un thriller avec un contexte post apocalyptique. Et ça sent l’action a priori : une héroïne « à part », quasiment une « superhéroïne », doit fuir un empire en guerre, dans un contexte où l’humanité semble très proche de sa fin.

    Et pourtant, ce n’est pas vraiment un livre d’action. Pour de bonnes, et pour de mauvaises raisons.

    La mauvaise à mon sens, c’est qu’on a un rythme qui est assez bizarre pendant une moitié du livre. Ou plutôt une narration. C’est assez classique qu’un livre nous perde au début – après tout, il faut exposer l’univers -. Mais ici, c’est un peu trop au sens où ça gêne l’attachement aux personnages. Qui est pourtant, clairement, un des objectifs d’un roman somme toute très humain. Apophis (je paraphrase) disait qu’il fallait s’accrocher absolument pendant la première moitié, car la deuxième particulièrement valait la peine. Je ne veux pas faire trop peur : ce n’est pas si difficile à lire. C’est plus que la deuxième partie est quand même nettement au dessus, en termes de rythme, de narration, et de réflexion aussi.

    … mais un roman d’action humain

    Mais revenons sur la bonne : c’est avant tout un roman humain. Malgré ce contexte de thriller, malgré la présence d’action, l’essentiel du propos est humaniste. Ce livre offre ainsi une réflexion intéressante, presque douce, sur l’Humanité dans son ensemble. Presque son côté « pardonnable ». Les héros font ce qu’ils peuvent, mais ils subissent très largement des choses plus grandes qu’eux. Et grâce au développement des personnages, grâce à la présence de Danaë et ses nombreuses vies, le roman offre un recul sur une société au bord du chaos.

    Dans l’ensemble ?

    Que retenir de cette lecture au final ? Qu’on se trouve ici en présence d’un livre agréable, intéressant, profond à sa manière, et aux héros attachants. D’un thriller d’action qui n’en est pas un. Que pour la première fois je crois, j’ai eu envie de recommencer le livre une fois celui-ci terminé, tant la deuxième partie est d’une qualité supérieure et offre des clés que j’aurais aimé avoir en première partie. Que la lecture de ce livre est très recommandable. Qu’Apophis va peut être un peu loin à mon sens en visant un prix de livre de l’année (je placerais les chants de Nüring un chouia au dessus, pour un exemple récent).

    Et qu’en fait ce roman a, pour moi, la saveur de la bonne science fiction a l’ancienne. Un livre pas trop épais, conçu autour d’une idée simple mais forte, avec des personnages au coeur de l’histoire. Qui nous fait passer un bon moment. Et qui fait réfléchir, aussi.

    Lecture précédente : L’Espace de la Révélation, d’Alistair Reynolds

    Lecture suivante : La lumière lointaine des étoiles, de Laura Lam

    D’autres avis : Apophis (sa critique doit être lue!)

  • L’Espace de la Révélation (Alaistair Reynolds)

    Extrait de la couverture de "L' espace de la révélation ", d'Alaistair Reynolds

    L’Espace de la Révélation est un livre qui m’est apparu à la fois décevant, et farouchement enthousiasmant. Ce qui est assez déconcertant.

    L’histoire en elle-même est difficile à raconter, comme le démontre d’ailleurs la quatrième de couverture de l’édition dont je dispose qui me semble un peu ratée (trop de spoil a minima). Pour vous en dire quelques mots cependant, je dirais que :

    • L’histoire se passe autour des années 2500. L’humanité a essaimé, s’est transformée, mais est toujours seule dans son environnement galactique. Des traces d’anciennes civilisations ont cependant été retrouvées.
    • Parmi celles-ci, les Amarentins, une civilisation qui semble avoir été soudainement annihilée environ un million d’années plus tôt.
    • L’histoire suit la destinée de 3 personnages principalement :
      • Sylveste, un archéologue qui cherche justement à déchiffrer l’écriture de ces Amarentins
      • Khouri, une ancienne soldate qui a malencontreusement perdu son mari suite à la dernière guerre (elle a par erreur été transporté à des années lumières de lui, sachant que la vitesse de la lumière est toujours une limite absolue), et qui s’est donc reconvertie en tueuse à gage sur une planète obscure
      • Allia Voliyova, représentante des « autres » humains, ou transhumais comme vous voulez, sorte d’humains augmentés qui ont pris pas mal de liberté parfois avec leur anatomie originale. Embarquée dans un vaisseau haute technologie, elle est lancée dans une quête désespérée pour sauver son capitaine.

    Ces trois personnages vont progressivement se rejoindre (c’est du spoil mais bon, c’est un peu inévitable, non?). Et tenter de résoudre une enquête à l’échelle cosmique.

    Un univers ébouriffant

    Bon, comme d’habitude, pas bien sûr que mon résumé corresponde à un optimum. Mais à dire vrai, ce n’est pas si facile à résumer. Car l’intérêt principal du livre, son vrai plus, c’est l’univers. Le contexte. On parle paradoxe de Fermi (pourquoi sommes nous si seuls dans l’univers?), trans humanisme. On envisage des échelles improbables, on se place dans une perspective passionnante. Bref, ce livre, c’est de la hard SF, mais avec les avantages de cette tendance : le Sense of Wonder, et l’ambition intellectuelle. Et de ce point de vue, c’est tout à fait réussi. Ce tome est le premier d’une trilogie il me semble, et il place clairement des bases très prometteuses pour la suite de l’univers.

    Qui pêche un peu dans sa narration…

    Ceci étant dit, et malheureusement, on retrouve également les inconvénients souvent associés à la Hard SF pour moi. J’en vois deux principalement.

    Le premier, c’est le rythme, surtout dans la première moitié du livre. D’un paragraphe à l’autre, on change de personnage. Ce qui est assez habituel, mais pas à cette fréquence ! On change souvent de personnages à toutes les pages ce qui, dans une phase d’exposition du roman, quand on n’est pas encore attachés au personnage, et accroché à leur histoire, déstabilisant. De mon côté, cela m’a clairement gêné pour rentrer dedans. A mon sens, cela s’arrange avec le temps mais, factuellement, je ne suis pas sûr que le rythme ait changé. Je crois que j’ai juste mieux intégré les personnages. A voir selon votre style de lecture donc, mais le rythme de narration est clairement à part.

    … et dans son côté humain

    L’autre élément qui m’a gêné, mais moins, c’est peut être les personnages. Ce roman, d’une certaine façon, est un huis clos. Il y a assez peu de personnages, ils en rencontrent assez peu, et toute l’intrigue repose sur leur compréhension des évènements, et leur réaction. Autant dire que, même si l’important n’est pas là (c’est le contexte ;)), ils sont quand même essentiels dans l’histoire.

    Et pour le coup… Ils sont intéressants. Ils ne sont pas mal posés. Mais… Je trouve qu’il manque un petit quelque chose malgré tout. Manque de profondeur dans les histoires, dans les sentiments, je ne sais pas. J’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose pour vraiment s’accrocher à eux. Sans compter qu’ils ont quand même un côté sacrément naïf parfois, ce qui oblige à des Deus Ex Machina pas forcément bien adaptés. Un petit point faible donc.

    En conclusion…

    Au final, l’espace de la révélation est une promesse. Une promesse d’un univers à la complexité, et à l’ambition, débordante. Mais aussi, puisque c’est son premier roman, et le premier d’une trilogie, une promesse de, avec le temps, mieux développer les personnages, et rendre la narration plus agréable à mon goût. Promesse qui a d’ailleurs été plus que tenue dans House of Suns, roman que j’ai trouvé incroyable dans lequel l’ambition est encore plus grande, mais dans lequel les autres défauts m’ont semblé complètement gommés. A lire donc pour ceux qui aiment l’ambition en science-fiction – j’en fais partie !-, mais qui n’attendent pas forcément une forme de narration ou des personnages parfaits. Belle lecture quand même ! Juste dommage finalement qu’elle ne fasse pas quelques pages en moins (on n’est pas loin de 900)

    D’autres avis : l’Epaule d’Orion,

    Lecture précédente : Des Milliards de Tapis de Cheveux, Andreas Eschbach

    Lecture suivante : Unity, d’elle Bangs

    Du même auteur : La Millième Nuit,

    Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

    Image du challenge SummerStarWars
  • Des milliards de tapis de cheveux (Andreas Eschbach)

    Extrait de la couverture du livre "des milliards de tapis de cheveux", d'Andreas Eschbach

    Des milliards de tapis de cheveux est un livre d’un auteur de science fiction allemand (c’est rare, non ?), paru en 1995. Et que j’avais d’ailleurs eu l’occasion de lire à l’époque (enfin, au moment de sa traduction française), et de beaucoup l’apprécier !

    Cet été (oui, c’est toujours l’été !), j’ai cependant pris le parti de me refaire quelques anciennes lectures (en plus du reste). Et je suis tombé sur ce livre cette semaine : pas bien épais, très bon souvenir. Pourquoi pas ? Je l’ai donc lu aujourd’hui.

    Un pitch assez inédit autour d’une sombre histoire de cheveux

    A l’époque de ma première lecture, je me souviens avoir mis très longtemps à le sortir de ma PAL. En cause ? Le titre. Faut avouer que ça ne donne pas particulièrement envie.

    Et pourtant, le livre parle bien exactement de cela : de tapis de cheveux. Mais reprenons au début.

    Il y a bien longtemps, dans une galaxie très très lointaine, vivait sur une planète a priori quelconque un peuple particulier. L’ensemble de sa société était en effet concentré autour d’une action : réaliser des tapis de cheveux pour qu’ils soient exposés dans le palais de l’Empereur immortel. Ces tapis, de la taille d’un homme, sont tissés par le chef de famille de façon très fine, très précise, en utilisant les cheveux des concubines (oui, des) et filles du tisseur. Toute sa vie est consacrée à cette grande oeuvre, qui se vendra ensuite si chère que cela permettra de financer son fils pendant toute sa vie pour qu’il fasse de même.

    Un vrai space opéra, avec beaucoup de personnages

    Observer cette planète, à l’économie tellement tournée autour de cette grande oeuvre, est déjà intéressant. Mais, bien sûr, l’auteur va aller au delà, et nous emmener derrière cette tâche monumentale, dans un univers relativement dense. Pour ce faire cependant, il emploie une particularité scénaristique assez rare : la grande multiplication de personnages. Le livre contient en effet 17 chapitres, et il doit y avoir autant de « familles » de personnages. Même s’il y a un fil rouge, il n’y a ainsi pas véritablement de personnage principal. On suit plutôt l’évolution de l’histoire à travers plusieurs prismes, et un certain nombre de personnages « secondaires » donc.

    Le risque évidemment avec ce choix, c’est qu’on ne s’attache pas véritablement. En pratique, j’ai trouvé qu’en effet, il y avait un peu de cela. Mais c’est malgré tout assez bien fait. L’ensemble est assez harmonieux, reste très agréable à lire, et ce choix risqué me semble donc globalement payant. Ne serait-ce que parce qu’il est original !

    Au final, on voit beaucoup de choses, on découvre un vrai univers, pas mal de petites histoires vraiment intéressantes. Ce choix de ne s’attarder sur rien est à double tranchant, le choix de nous montrer autant sur un livre avec si peu de pages aussi. Mais c’est bien fait.

    Un bémol quand même sur les personnages féminins

    Dans l’ensemble, le livre m’a plu, mais moins que dans mon souvenir. Il faut dire que les dés sont pipés : j’ai beaucoup lu depuis ma dernière lecture, et n’en suis plus vraiment au même point en termes de goût et de recul.

    En particulier, il y a un point auquel je suis progressivement devenu plus sensible, c’est la place des personnages féminins. Etant toujours un grand fan d’Asimov (entre beaucoup d’autres choses), j’ai l’habitude que les personnages féminins ne soient pas toujours au centre de l’histoire. Cependant, je suis quand même assez sensible aux « mauvais traitements ». Je peux comprendre que, surtout il y a longtemps, on ait une vision sociale pleine d’oeillères (i.e. qu’on oublie une partie de la population). J’ai plus de mal quand je trouve que la place est délibérément négative.

    Et ici, je dois bien avouer que c’est un peu ce que j’ai ressenti. Il y a quand même beaucoup de personnages dans cette histoire, c’est un des choix de l’auteur comme je l’ai discuté. Et le monde qui occupe le centre de l’intrigue est relativement moyenâgeux. Mais… quand même. Les hommes sont très largement majoritaires, et les rares femmes me semblent fort peu importantes, et fort peu sortir des stéréotypes. Bon, je suis sensible je pense, et j’exagère sans doute. Surtout que j’ai l’impression d’être le seul à l’avoir noté. Mais j’y ai pensé en le lisant alors que, l’ayant déjà lu et apprécié, je ne m’y attendais pas du tout.

    Et en conclusion ?

    Des milliards de tapis de cheveux est un space opéra agréable. Original dans son histoire, mais aussi dans sa narration, il se lit bien, vite, et offre un beau moment dans un univers dont le potentiel dépasse sans doute le cadre du bouquin (ce qui est une bonne chose). Pour autant, j’ai été moins marqué que lors de ma dernière lecture, ce qui me conduit à me demander si je n’attends pas plus, désormais, de Sense of Wonder, et d’émotions liées aux personnages. Sans compter cette petite gêne sur le traitement des femmes, que je trouve assez inadéquat. Un bon moment malgré tout au final !

    D’autres avis : Le Chien critique, Au Pays des Caves Trolls, Les lectures de Xapur, Nevertwhere, La Geekosophe, Lohrkan

    Chronique précédente : For All Mankind

    Lecture suivante : l’Espace de la Révélation, d’Alaistair Reynolds

    Publié dans le cadre du challenge #SummerStarWars

    Image du challenge SummerStarWars
  • For All Mankind (Apple TV)

    Image représentant la série "For All Mankind"

    For All Mankind est une série de science fiction assez ambitieuse, produite et diffusée sur AppleTV, et donc la saison 3 vient de se terminer. Histoire de ne pas spoiler cependant, je vais surtout me concentrer sur l’histoire globale de la série.

    Une histoire alternative de la conquête spatiale

    L’histoire de la série débute en 1969. Pour une raison que je ne détaillerai pas, la conquête lunaire se passe différemment de la réalité. Avec une conséquence forte : l’URSS ne commence pas à décliner. Au contraire, la compétition s’amplifie entre blocs américain et soviétique. Et la conquête spatiale, au lieu de progressivement ralentir, prend de l’ampleur au contraire. On veut plus d’astronautes, plus de monde sur la Lune, plus d’installations. Dans ce monde alternatif, la conquête spatiale devient un marqueur de domination du monde, avec des conséquences bien sûr importantes sur les programmes engagés.

    Une uchronie bien menée

    J’ai déjà eu l’occasion de le dire, je ne suis pas très uchronie. J’ai plutôt tendance à chercher le côté « anticipation » dans la science-fiction, ce qui est peu compatible avec ce type de récit.

    Pourtant, ici, je dois avouer avoir véritablement bien accroché. L’uchronie est bien menée et, même pour moi qui ne suis pas spécialiste de la période, on retrouve suffisamment de repères habituels pour se sentir concerné.

    Et puis, surtout, il est passionnant de voir comme la conquête spatiale aurait pu être différente si la compétition avait été plus acharnée post-1969. D’autant plus que, et c’est un bon moyen de favoriser le Sense of Wonder, la série n’hésite pas à faire de larges ellipses temporelles entre chaque saison. Au final, sans vouloir spoiler, ceci permet d’aller beaucoup (beaucoup) plus loin que la réalité. Je ne veux pas en dire plus, mais c’est vraiment un gros plus de la série.

    Une vraie réflexion sur la société et ses personnages

    Au delà du côté « conquête spatiale », la série est également largement ancrée dans le réel. L’objectif étant de montrer comment les choses auraient pu se passer différemment, il était je pense important de garder un aspect « proche » des gens. On suit des projets scientifiques, mais en réalité, on suit surtout la destinée d’acteurs clés du programme. Et, compte tenu des ellipses temporelles (la saison 3 se passe au milieu des années 2000), on les suit sur longue période.

    Ce parti pris humain, au delà de rendre les personnages attachants, sans éluder pourtant leurs défauts, – et de nous intéresser à leur destinée, a un avantage supplémentaire. Il permet de profiter de cette uchronie pour mettre en avant pas mal de questions de société, sur l’homosexualité, sur la place de la femme – plutôt bien représentée et traitée dans cette série -, sur l’immigration,… Pour son approche des questions sociétales également cette série est particulièrement intéressante.

    Une saison 3 dans la lignée des deux précédentes

    J’ai été très général jusqu’à présent sur cette série. Et sans spoiler, difficile d’être plus précis sur la saison 3 mais, pour moi, on est dans la lignée des deux précédentes (ce qui est un bon point !). A dire vrai, et c’est logique, le Sense of Wonder n’a jamais été aussi élevé. On est désormais au milieu des années 2000. Et la stimulation forte intervenue jusqu’à présent dans le domaine scientifique produit des écarts de plus en plus grand avec la réalité. Pour le dire autrement, les projets sont devenus sacrément ambitieux, ce qui fait plaisir à suivre ! Contrepartie : j’ai parfois trouvé que le traitement des humains devenait un chouïa exagéré, avec quelques fils qui m’ont semblé un peu tirés par les cheveux. Rien de bien grave cependant.

    Un rythme particulier, mais le retour des cliffanghers

    Dans l’ensemble, je trouve que cette série a beaucoup de poins positifs. Elle a cependant deux caractéristiques un peu opposées qu’il convient de noter. Et qui tiennent en un mot : le rythme.

    Globalement, cette série aime prendre son temps. On n’est pas dans le contemplatif mais, l’idée est bien de suivre le quotidien des acteurs, ce qui implique sans doute un rythme un peu lent. Surtout pour des épisodes qui durent une heure chaque fois. Si vous êtes habitués des séries d’action, c’est en général notable.

    Cependant, à l’inverse, c’est une série qui me plait beaucoup en remettant au goût du jour le principe de cliffangher. Finir un épisode en vous laissant choqués, impatient de découvrir le suivant ! Ce n’est pas systématique, et l’accélération de rythme peut venir y compris en court d’épisodes. Mais la série est faite pour être diffusée une fois par semaine, et il faut donc donner envie d’y revenir. A titre personnel, j’aime beaucoup cela, le fait de susciter des émotions fortes juste avant un écran noir. Et cet amour des Cliff compense le rythme parfois un peu lent.

    En conclusion : regardez For All Mankind !

    Au final, For All Mankind est pour moi une EXCELLENTE série de science fiction ! Le rythme de certains épisodes est parfois un peu lent, et cela peut être frustrant, mais cette histoire alternative d’une conquête spatiale sous stéroïde a vraiment tout pour plaire. Les auteurs n’ont pas peur de tuer des personnages, pas peur de faire des ellipses temporelles pour rester sur le principal et nous en mettre plein la vue. Pas peur non plus de discuter des questions sociétales, et d’offrir une grande place aux femmes. Et ils ont les moyens de rendre tout cela joli et réaliste ! Résultat : j’aime beaucoup cette ligne temporelle alternative, et en reviendrais presque à regretter qu’on n’ait pas pu investir autant dans la conquête spatiale. Et après avoir fini la saison 3, si vous n’avez pas pu commencer, je ne peux que vous dire : il est temps de vous y mettre, car la qualité ne baisse pas !

    Commenté dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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    Lecture précédente : Dark Sky, de Mike Brooks

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  • Dark Sky (Mike Brooks)

    Extrait de la couverture de Dark Sky, de Mike Brooks.

    Dark Sky est la suite, presque directe, de Dark Run, déjà chroniqué ici il n’y a pas si longtemps (à peine plus de 3 semaines finalement !). J’en avais conclu qu’on tenait là une bonne surprise, avec un space opéra d’action mais pas que.

    Une suite directe du premier

    Et ce deuxième tome repart avec les exacts mêmes ingrédients. De nouveau, on suit l’équipage du capitaine Ichabod Drift. Leur métier ? Hum. On va dire, faciliter les choses. Plutôt tous actes de contrebande à dire vrai, même si théoriquement ils ne sont pas contre réaliser des actions légales. Pour ne pas spoiler, je ne dirais qu’une chose sur le lien avec le premier : c’est globalement une suite directe. Cette fois cependant, ils sont chargés de récupérer quelque chose sur une planète inaccessible pendant de longues périodes en raison de tornades démesurées. Et ils vont donc se retrouver sur cette planète, en pleine guerre civile.

    Bruce Willis, Liam Neeson, sortez de ce livre !

    Bon, il n’y a pas tant de choses à dire sur ce livre. A la fin du premier, des implications politiques possiblement fortes étaient apparues. La question se posait alors de savoir si l’univers allait s’ouvrir vers plus que de l’action. La réponse est apportée : non. L’auteur souhaite en rester là, et propose donc de nouveau un livre distrayant, très proche à dire vrai d’un Blockbuster (peut être est-ce l’idée). Pas vraiment de profondeur dans l’univers donc, que ce soit en termes d’enjeux, technologique, sense of wonder. On est vraiment sur de l’action pure et dure, et l’impression de lire un scénario pour un Bruce Willis jeune, ou un Liam Neeson.

    Des personnages sympas

    Dans ce créneau, l’auteur est bon, c’est rythmé, prenant, et l’histoire est dans son ensemble prenante à suivre. Ceci étant dit, le petit plus du premier, pour moi, c’était sans doute les personnages, qui m’avaient semblé bien développés, surtout pour un livre de ce type. Cette fois, là encore, ils sont développés, et il leur arrive des choses. D’une certaine manière, on peut même arguer qu’ils sont plus humains que dans le premier. Mais… Je ne sais pas si c’est moi qui me lasse, mais j’ai trouvé que cela collait moins bien. Rien de bien précis à reprocher, juste le sentiment que c’est un peu plus… téléphoné ?

    Bref, dans l’ensemble, il n’y a pas tant de chose à dire. On a ici un page turner efficace, plein d’action et d’adrénaline, avec en même temps des personnages – notamment féminins – bien présents. Pour autant, il s’agit d’un tome 2 et, quelque part, on aurait pu espérer aller un peu plus loin. Ce n’est pas le cas et, même si je ne le conseille pas, on pourrait tout à fait lire ce tome indépendamment. L’objectif est à la détente ici, et dans ce créneau, c’est (très) bien fait, et ça m’a d’ailleurs dans l’ensemble plutôt plu. N’hésitez donc pas si vous souhaitez un peu d’action, de guerre civile, sur une planète inconnue ! Sinon, une autre lecture pourra peut être mieux vous convenir.

    D’autres avis : Au pays des caves trolls,

    Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

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  • La Millième Nuit (Alastair Reynolds)

    Image présentant une partie de la couverture de la millième nuit, d'Alastair Reynolds

    Voici ma petite bafouille sur la Millième Nuit, d’Alastair Reynolds, donc.

    Ces derniers temps, j’ai lu pas mal de livres qui n’étaient pas toujours en apparence faits pour moi (Summerland, le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie, Blackwater,…), avec en général une certaine réussite. Dans le cas de celui-ci, c’est tout l’inverse : c’est exactement ma came habituelle, et ce depuis bien longtemps. Ce qui me place toujours dans une situation difficile, car j’ai alors des attentes, parfois élevées. Et particulièrement ici, après avoir adoré House of Suns, du même auteur, dans le même univers.

    Fort heureusement dans ce cas, quel que soit mon niveau d’attente, il a été dépassé : j’adore vraiment cet univers !

    La Millième Nuit est une nouvelle publiée en VO en 2005 se passant dans l’univers d’House of Suns. Univers dont le Pitch n’est rien de moins qu’ébouriffant, déjà.

    On se trouve dans un futur indéterminé dans lequel, entre mille autres choses, des « lignées » existent. Ici, nous allons suivre la lignée Gentiane, nommée ainsi du nom de sa fondatrice, Abigail Gentiane. Abigail aimait voyager, mais n’en avait jamais assez. Alors, de façon tout à fait casual, elle a créé 1000 clones, qui chacun sont chargés d’explorer la galaxie. Petit point de détail ? Les avancées technologiques sont telles que chaque clone – qui a son identité propre – se promène dans la galaxie pendant 200 000 ans (oui, pas de faute de frappe, même si l’UHL en contient une là dessus ;)). Période à l’issue de laquelle tous se retrouvent pour un grand moment d’échange sur le principe « 1 jour, 1 histoire ». Et le 1000e jour (la 1000e nuit), celui dont l’histoire aura été la plus passionnante est déclaré vainqueur, et tous repartent pour 200 000 ans.

    Comme vous l’aurez compris, la Millième Nuit raconte l’histoire d’un de ces moments d’échange.

    Je n’en dirais pas plus sur le contenu, l’histoire est courte, se lit facilement, il n’y a aucune raison de vous spoiler.

    Du Sense of Wonder majuscule

    Bon, que retenir de ce livre du coup ?

    Je crois qu’à dire vrai, rien que mon petit résumé doit vous avoir donné une petite idée : vous en connaissez beaucoup des livres où une famille se réunit tous les 200 000 ans pour se faire un petit barbecue (peut être pas un barbecue d’ailleurs) ?

    Et c’est bien là qu’est tout l’intérêt. Cet univers imaginé par Alaistair Reynolds est vraiment fou. Son ampleur, son ambition intellectuelle. Son échelle temporelle ! C’est juste fou, et ça donne le vertige. Un monde où les civilisations passent si vite que les protagonistes ne les remarquent pas. Où la science se confond sans doute avec la magie. Où TOUT est possible !

    Au delà ceci dit, dans cet univers magique, l’auteur nous offre une histoire passionnante, qui se lit tout seul, avec un rythme parfait. Avec des personnages principaux attachants, et un côté thriller qui rend le livre complètement page turner.

    Bref, je n’ai pas tant de chose que cela à dire finalement tant les choses sont « simplement » époustouflantes. Cette novella est courte, mais DOIT être lue. On est pour moi dans la science fiction de catalogue, celle qui fait rêver, celle qui éblouit, celle qui donne le vertige par son ampleur. Celle qui se lit toute seule aussi, et pour laquelle on regrette à peine le livre fermé que ce soit déjà fini. Lisez le donc, et en même temps, rejoignez la grande campagne consistant à demander au Belial d’en profiter pour traduire House of Suns. Qui est la même chose, mais avec beaucoup plus de pages ! #FreeHouseofSuns

    D’Autres avis : l’Epaule d’Orion, Quoi de Neuf sur ma pile,

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    Lu dans le cadre du challenge #SummerStarWars

  • Mon bilan lecture d’août 2022… et mon top !

    C’est la rentrée ! Mes petits bonhommes sont rentrés en CE1 et 6e, et le mois d’août est donc bel et bien terminé. Je vais donc en profiter pour tenter de vous proposer un petit bilan de mes lectures sur ce mois d’août 2022 globalement caniculaire. Pour le moment, le blog n’est en effet pas extrêmement bien pensé (hum hum), et l’accessibilité n’est franchement pas idéale. Je me suis donc fait la remarque que c’était sans doute un moyen efficace de vous permettre de suivre mes lectures, avec chaque fois un petit résumé de ce que j’en ai pensé. Place au bilan donc, avec des catégories bonus !

    Les lectures du mois

    Nous voila partis donc, avec 12 livres au programme ce mois-ci. Par ordre de lecture, on retrouve donc, trié par catégorie et par ordre chronologique de lecture :

    Du Space Opéra :

    • Le Grand Vaisseau, de Robert Reed. Une rencontre ratée, malgré de bonnes intentions. A conseiller si vous voulez voir des humains immortels aux commandes d’un vaisseau de la taille de Jupiter, mais qui m’a laissé un peu sur ma faim.
    • Sur la Route d’Aldébéran, Adrian Tchaikovski. Un UHL fort sympathique, taxé souvent d’horreur mais en réalité fort recommandable, même aux âmes sensibles je trouve. Une belle rencontre, mais plutôt une rencontre ponctuelle malgré tout (sauf si l’auteur décide d’aller plus loin ?)
    • Dark Run, Mike Brooks. Lecture détente, juste après BlackWater 2 (non chronique). Un Space Opéra plein d’action et d’adrénaline, qui ne se prend pas la tête, mais qui permet de passer un bon moment ! Suffisamment pour me donner envie de lire rapidement le tome 2.
    • La Guerre des Marionnettes, Adam Troy Castro. Magnifique dénouement d’une saga qui a vraiment gagné à être lue ! Après un tome 1 que j’avais trouvé sympa, j’ai été surpris par un tome 2 qui démontrait une vraie complexification et densification de l’univers. Et ce tome 3 tient toutes ces promesses : lisez Andrea Cort, c’est vraiment super !
    • Avaleur de monde, Walter Jon Williams. Une belle surprise que ce roman, surtout quand on voit sa couverture ! Un roman d’aventures, mais surtout un roman avec un Sense of Wonder étonnant. Pas si courant de passer de la Fantasy épique aux univers de poche…
    • Les Chants de Nüying, Emilie Querbalec. Un très gros coup de coeur pour ce livre prenant, plein d’idées, mais surtout avec une atmosphère complètement à part. Le livre de la rentrée pour le moment sans doute pour moi.

    Du Fantastique :

    • BlackWater tome 1, la Crue. Première incursion dans le phénomène littéraire de l’été. A ce stade, une petite maison dans la prairie un peu sombre, sans vraiment une dimension fantastique très approfondie.
    • Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie, Karim Berrouka. Bon livre, mauvais moment. Lire un livre de zombie un peu déjanté pendant une boulimie de space opéra, ce n’est finalement pas conseillé. En y repensant ceci dit, quelques semaines après, c’est quand même un livre fort sympathique ceci dit, choisissez juste mieux votre moment que moi !
    • Black Water tome 3, la Maison. Et doucement, on avance, on s’accroche. Un tome 3 qui marque un tournant fantastique, et qui donne une vraie envie d’aller plus loin (même si je n’ai pas encore réussi à trouver le temps d’aller plus loin, justement…)

    De l’Uchronie :

    • L’Enfance Attribuée, David Murasek. Une nouvelle qui m’a impressionné, pas emporté. Une vision d’un monde alternatif, utopiste d’une certaine façon, mais ma foi bien déprimant dans ce cas. Intéressant ceci dit, même si peut être pas assez attachant pour moi !
    • Summerland, Hannu Rajaniemi. Un livre sur lequel j’arrivais à la fois sans aucune attente – pas vraiment mon genre – et plein d’espoir – compte tenu des critiques si positives -. Et au final, un très bon roman d’espionnage, et même un peu plus, puisqu’on s’y demande notamment si la mort peut être domptée !

    Mon TOP du mois !

    Voilà un exercice bien inutile auquel je me livre ! Parce que, franchement, j’ai apprécié tous les livres, et sortir un top est bien difficile (et une souffrance auto-infligée). Cependant, j’ai envie de mettre en avant deux livres

    • Le tome 3 des aventures d’Andréa Cort, la guerre des Marionnettes, parce que ce cycle m’a à la fois beaucoup plu et beaucoup surpris !
    • Les chants de Nüying, pour cette atmosphère, tellement incomparable…

    Il s’avère que ce sont deux livres du même éditeur, ce qui est une vraie coïncidence ! On verra pour le mois prochain ?

    Les challenges du mois

    Ha ha ! Une catégorie rigolote, que je ne compte pas remplir tous les mois. Cependant, il s’avère que cette fois, je participe au challenge #SummerStarWars, challenge dédié à la lecture de space opéra. Ce qui tombe plutôt pas mal car c’est ce que je lis le plus souvent ! Et pour le moment, je m’en suis bien servi pour vider la PAL, donc j’en suis plutôt content. Le challenge se termine le 21 septembre ceci dit, on verra bien ce que cela donnera !

    Je m’étais aussi un peu mis sur le challenge du Summer of Short Stories, mais je dois avouer que je ne suis pas sûr qu’il ait vraiment lieu finalement. Et comme, à part les UHL, je n’ai pas grand chose à mettre dedans (pas loin parfois pourtant !), je n’y suis pas très actif.

    Les Achats du Mois

    Voici quelque chose sur lequel je communique assez peu finalement, même si les achats finissent souvent par se retrouver dans les chroniques, évidemment ! Alors, qu’est ce que j’ai bien pu acheter en août ?

    Hé bien, pas grand chose pour une fois, car j’étais en vacances ! Et que j’évite de faire trop les magasins quand même. Pour autant, j’ai quand même réussi à obtenir :

    • Les BlackWater
    • Les Quinze Premières Vies d’Harry August, de Claire North. Bragelonne vient en effet de le rééditer, dans une très jolie édition, et compte tenu de l’ampleur du coup de coeur que j’ai eu pour la Maison des Jeux, je ne pouvais pas passer à côté !
    • La millième nuit d’Alaistair Reynolds. Un UHL, qui sera mon prochain article. En un mot : j’adore !
    • Les Chants de Nüying, gentiment reçu en SP !
    • Malice, de John Gwynne. Entièrement à cause d’un ours (pas forcément) mal léché !
    • Eutopia, de Camille Leboulanger, également gentiment reçu en SP !

    Pas mal d’enthousiasme sur les prochaines lectures avec tout ça !

    J’aurais presque envie de dire : vivement le prochain bilan, non ?