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Upside Down (Richard Canal)


Je crois que ce livre a un vrai potentiel culte. Pas sûr qu’il le soit en l’état, mais il n’est vraiment pas loin de pouvoir le devenir.
Il s’agit d’une tranche de vie (pas n’importe laquelle, évidemment) d’un monde futuriste, mais qui ne surprendra personne dans sa présentation. Des riches devenus tellement riches qu’ils se sont isolés dans les nuages. Un reste de la population toujours plus pauvre, et qui vit désormais dans un monde dévasté par la pollution, la paix sociale étant achetée par les jeux du Cirque de l’époque, une forme de reprise des grands classiques du Cinéma par des clones.
Dit comme cela, l’ensemble parait bien simple et convenu, et il y a de cela, il faut en convenir.
Cependant, si ce livre a un potentiel culte, c’est surtout parce qu’il a du souffle. Un souffle de rébellion, un souffle de non acceptation, mais surtout un souffle de vie. Finalement, je crois que c’est ça qu’il se passe dans ce livre : on voit des personnages vivre, sans forcément accepter l’inéluctable. Et tout cela fait du bien. S’ajoute à cela une forme de, je ne sais pas, musique un peu épique qui résonne dans tout ce livre, et qui lui donne cette petite touche de plus qui le rend tout à fait à part (j’avais franchement l’impression par moment d’entendre une musique envoutante !)
Alors bien sûr, ce livre a aussi quelque côtés tout à fait convenus, au dela de son simple résumé, comme la reprise de personnages « réels » (jusqu’au Che, le message manque de subtilité). Mais ce souffle pour moi l’emporte, et c’est une lecture que j’ai beaucoup aimé.
Accessoirement, avec une bonne bande son, et un bon réalisation, je crois que cela pourrait donner un super film. Ce qui aiderait pas mal à le rendre culte.
Bref, lisez-le 🙂 Ce n’est pas forcément la lecture la plus fun en ce moment – je trouve la période un peu trop à part pour aller vers des mondes un peu « tristes » comme cela -, mais cela vaut vraiment le coup.
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Les Marées de Minuit (Le Livre des Martyrs tome 5) – Steven Erikson


Honnêtement, ces livres me fatiguent. Je mets toute une semaine à les lire à chaque fois, et je sue sur les 200 premières pages devant la nécessité de s’adapter à de nouveaux personnages, de retenir ces nombreux noms pas toujours évidents. Et de suivre, bien sûr, les intrigues parallèles.
5e tome donc, et 5 fois le même sentiment.
Et pourtant, j’y reviens toujours, avec un peu d’appréhension, mais avec un vrai bonheur. Pourquoi ?
Parce que franchement, c’est un sacré univers qu’a construit l’auteur. Ce n’est pas ma première saga de ce type, et vu le nombre de pages, il est assez normal que l’univers soit dense. Mais à ce point ? C’est vraiment un boulot formidable, un univers formidable, complexe, sans manichéisme, avec des personnages intéressants et attachants, des destinées croisées sur un horizon long… Pour une fois, cela m’a fait penser à GoT, non pour ses intrigues, mais pour l’enchevetrement des histoires. Quelque part, cela me fait aussi penser à du Baxter, pour l’ambition de cohérence temporelle sur longue période.
Bref. Lire Erikson, je trouve que c’est un investissement. Mais sachez que cela vaut sacrément le coup ! Il y a du souffle, de la profondeur, c’est épique, c’est profond et intellligent. C’est une saga légendaire, complexe, dans laquelle j’ai hâte de replonger. Après une petite pause quand même histoire de reprendre mon souffle 🙂
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Journal d’un Assassynth, 5 – Effet de réseau (Martha Wells)


Mais quel bonheur que ce livre, et plus globalement cette saga ! Franchement, je dois dire que j’adore.
Sur le fond, ça n’a l’air de pas grand chose. Pas de grand sense of wonder à la Baxter ou Watts, pas de grande théorie scientifique, pas non plus une anticipation particulièrement impressionnante de la société de demain. Bref, pas de la « grande » science fiction au sens où on pourrait l’entendre.
MAIS de la sacrément bonne science fiction quand même ! L’histoire traite en gros d’un androide, une sorte de robot à tuer dôté d’une conscience, qui s’est libéré de ses entraves, et qui se promène dans une galaxie ma foi bien dangereuse. Résultat : un regard acerbe sur sa société, une capacité assez folle à se retrouver au coeur de l’action, et une addiction aux séries qui ferait pâlir Netflix de jalousie. le style est efficace et, tout en traitant d’un robot tueur avec sérieux, le livre arrive à être drôle et attachant. Il m’arrive rarement de sourire en lisant un livre, même de SF, c’est souvent chose faite avec celui-ci.
Bref. J’avais déjà beaucoup apprécié les 4 premières novellas, et quand j’ai vu qu’il y avait un bouquin, je l’ai placé tout en haut de ma pile – pourtant longue en ce moment -. C’était un vrai plaisir à la lecture, et je ne peux conseiller à tout le monde de se lancer dans cet univers qui, avec le temps, s’étoffe progressivement et semble plein de promesses. J’ai vu que le prochain était déjà annoncé, avec le retour à une Novella : je le lirai avec plaisir, en remerciant l’éditeur qui fait quand même du sacrément bon boulot !
PS : oui, je suis enthousiaste, mais j’ai vraiment passé un bon moment, donc n’hésitez pas 🙂
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Eriophoria (Peter Watts)


*soupir de satisfaction* j’ai vraiment beaucoup aimé ce bouquin 🙂
Voila enfin de la belle science-fiction, à la fois profonde et si simple… Ce livre représente globalement tout ce que j’aime dans la science fiction :
– avant tout, au coeur se trouve une histoire humaine, de pseudos-humains enfermés sur un vaisseau à accomplir une tâche dont la raison profonde n’est pas franchement expliquée ici. C’est une histoire de sentiments, de bonheur, de sens de la vie, de liberté
– en toile de fond, un univers dont on soupçonne, dont on effleure, la profondeur. Avec une histoire qui se base tout simplement sur des millions d’années !Bref, lisez le ! Ne vous laissez pas effrayer par l’étiquette hard-sf : cela veut juste dire que l’auteur est rigoureux dans la science. Mais au fond, c’est bien un roman de personnes, de voyages, de destinée, et cela donne rudement envie de lire d’autres bouquins de l’auteur !
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Apprendre si par bonheur (Becky Chambers)


Je dirais que c’est beau comme du Becky Chambers. Et à mon avis, à ce rythme là, ça va finir par devenir autosuffisant comme critique 🙂
Quelque part, cette SF dite positive pourrait être considérée comme de la SF contemplative. Ce qui ressort je trouve c’est un peu l’impression de flotter dans du coton, avec une histoire qui se lit toute seule, mais dans laquelle on se sent globalement entourée d’une sorte d’aura de bienveillance. Je n’ai pas d’autre auteur en tête, en SFFF, qui arrive à allier ce sentiment de « simplicité », et cette profondeur dans le récit. En gros, mon conseil ce serait : si vous voulez de l’action, si vous voulez une grande fresque, franchement, ne lisez pas ça. Si vous voulez juste vous sentir bien pendant 100 pages, et vous dire à la fin « c’est bien foutu quand même », lisez le. Et à la fin, comme ça ne fait comme 100 pages, lisez le 😉
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Wyld, 1 : Le Mort ou la Gloire (Nicholas Eames)


Pour un livre de fantasy, ce livre arrive accompagné d’un nombre assez ahurissant de critiques positives. Que ce soit sur Internet, ou même en magasin, je dois avouer avoir été étonné par l’unanimité que ce livre suscite. Bon, en habitué du rayon imaginaire, je dirais même que j’ai été étonné du seul fait qu’un engouement puisse exister : c’est quand même, malheureusement, extrêmement rare dans ce type de littérature.
Alors, en général, dans ces cas là, par pur esprit de contradiction, j’attends pour le lire (cf. Damasio récemment :)). Mais cette fois, sans doute pour contredire mon esprit de contradiction, je me suis lancé. Résultat ? C’est un bon livre 🙂 Bon, soyons clairs tout de suite : ce livre n’a pas vocation à être un livre culte non plus. Quoique cela va sans doute dépendre de ses suites (conformément aux habitudes en fantasy, un livre unique, c’est rare quand même…). Mais, c’est un livre super agréable à lire, sympa, et, surtout – car c’est ce qu’on demande à ces livres -, un livre avec un vrai souffle épique. On veut connaitre la suite, on veut que le héro et sa bande renverse tout, et accomplisse des miracles. On veut qu’ils réussissent ! Et on s’attache 🙂 Alors, du coup, personnellement, je suis content d’avoir contredit mon esprit de contradiction cette fois, et je lirai avec plaisir la suite 🙂