Couverture de Second Oekumène tome 3

Et me voici de retour ! Avec une nouvelle lecture que je dois avouer avoir dévorée : le tome 3 du « Second Oekumène », intitulé « Providence ».

Second Oekumène est une série que j’ai découverte dès sa sortie complètement par hasard ou, plus exactement, poussé par un libraire de fort bon conseil sur le coup. Série qui, si elle m’a emballée dès le premier tome, m’avait aussi mis pas mal de doutes que j’avais eu l’occasion de partager (cf. ici). Doutes qui avaient été très largement levés dans le tome 2, qui avait été un vrai coup de coeur (cf. ici).

Bref, tout ça pour dire que j’avais des attentes en me lançant dans ce tome 3 !

Et alors, qu’est ce que ça a donné ?

Un space op’ à l’ancienne new gen

Second Oekumène est un peu ce que je qualifierais de « space op’ à l’ancienne new gen ». Parce qu’il ne faut pas avoir peur des contradictions dans la vie !

On se retrouve en effet plongés dans un univers somme toute assez classique. L’humanité a conquis un certain nombre de planètes, et un passé relativement peu clair mais qui a conduit à ce que la Terre ne semble pas exister en tant que telle. Elle est dominée par un empire galactique qui semble tomber relativement en décrépitude, ne serait-ce que parce que l’innovation technologique dans l’empire est au point mort. En l’état, on est très proche je trouve de l’état de l’empire dans « Fondation ».

L’histoire du cycle, ou du moins jusqu’à présent, est une histoire de succession. L’empereur est proche de la mort, et l’empire semble se trouver à la croisée des chemins. Elément supplémentaire : certains humains ont des « pouvoirs », et sont pour le moment exploités pour cela. Ce qui, si l’histoire de la littérature nous apprend quelque chose, nous place dans une situation peu stable.

Dans tout cet univers, on va suivre le destin de 4 personnages qui tentent de survivre et, surtout je pense, de se rendre maitres de leur destin.

Un feel-good book !

Vous l’aurez noté, l’histoire est assez classique. Alors, pourquoi avoir aimé ? Au point d’attendre le tome 3 et, qui plus est, de le dévorer dans un contexte personnel qui n’y est pas favorable ?

Hé bien, parce que ça fait du bien ! Je suis – le challenge SummerStarWars l’a prouvé – un grand amateur de space opéra. Et, à dire vrai, un grand amateur de hard science aussi, et de cycles ambitieux (Baxter est mon ami :)). Ici, point de tout cela pourtant !

Ici, les choses sont plus simples. Pas sans fond, non, et l’univers est bien fichu. Mais on sait à peu près où on va et le vrai plus n’est pas le background scientifique : c’est le talent de conteur de l’auteur, et sa capacité à animer des personnages auxquels on s’attache. Car on s’y attache à ces héros ! Et dans ce tome 3 plus encore que dans les autres, bien sûr. La phase de découverte est passée désormais, reste la phase de spectacle, et nos héros sont bien présents.

En synthèse ? Lisez le cycle !

Pour ces raisons ce livre est vraiment un livre qui me fait me sentir bien. Qui me rappelle un peu ma jeunesse, quand je découvrais la SF aux bras d’Isaac Asimov. C’est sans prétention, mais c’est vraiment sympathique. Pour autant, le terme étant très utilisé pour le moment, on ne parle pas ici d’un feel good à la Becky Chambers – extraordinaire autrice -. Pas de bons sentiments, pas de science fiction positive. Non, juste un bon livre, qui se lit tout seul, qui se dévore tout seul, et qui s’apprécie. Et du coup, je peux conclure en disant encore une fois : vivement la suite !

Et rien sur l’auteur ?

Un dernier mot peut-être sur la révélation du nom de l’auteur, puisque c’est « l’évènement » de ce tome 3. Lors de la sortie du tome 1, j’avais eu l’occasion ici d’expliquer que je n’étais pas grand fan du procédé consistant à cacher le nom de l’auteur. Je ne suis pas très joueur je crois. Par suite, je dois avouer ne pas savoir que faire de cette révélation. Sauf que j’ai voulu voir ce qu’il avait écrit d’autres, et que je n’ai pas trouvé en librairie (mais je n’ai pas vraiment eu le temps de chercher). Je me demande juste si l’éditeur cherche à conclure de cette expérience que les auteurs au nom anglais se vendent mieux – ce qui est un point souvent mentionné dans le milieu, même si ce dernier me rend triste et que je le conteste donc de principe.

Pas grand chose à dire donc si ce n’est que (i) je veux bien un exemplaire dédicacé, maintenant qu’il n’est plus anonyme ! 😉 ; (ii) bravo pour ce super cycle, j’y prends beaucoup de plaisir.

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